Dans une atmosphère de solennité et d’émotion, le Palais des Gouverneurs a accueilli, ce mercredi 4 février, une cérémonie d’hommage de haut vol dédiée à Me Adrien Houngbédji. Initiée par le président de l’Assemblée nationale, Louis Gbèhounou Vlavonou, cette reconnaissance officielle célébrait l’empreinte « exceptionnelle » laissée par l’ancien président de l’hémicycle (1ère, 3ème et 7ème législatures) sur l’institution parlementaire béninoise.
Une foule de personnalités, incluant d’anciens collaborateurs, des députés de la 9ème législature, des autorités et des cadres parlementaires, s’est réunie pour témoigner sa gratitude à celui dont le nom est « indissociable de la démocratie du Bénin ».
Un hommage matérialisé par la science
La cérémonie a été marquée par la présentation d’un ouvrage scientifique de référence, fruit des travaux d’un comité dirigé par le professeur Ibrahim David Salami. Josué Olatoundji Chabi Kpande, Directeur des services législatifs, a expliqué que ce livre, conçu sous forme de « mélanges », dépasse le simple éloge. Il offre, selon lui, « un regard minutieux, pluraliste et structuré » sur un parcours qui a « durablement marqué l’histoire parlementaire » du pays, rassemblant témoignages, analyses et contributions académiques.
« Vera Icona » : l’icône authentique de la démocratie
Dans un discours empreint de respect, le président Louis Vlavonou a élevé son prédécesseur au rang de figure mythique. Trouvant un symbole puissant dans la coïncidence calendaire avec la sainte Véronique – dont le nom signifie « icône authentique » (vera icona) –, il a déclaré : « C’est l’icône authentique de notre démocratie que nous sommes en train de célébrer aujourd’hui au Parlement. Le Patriarche Houngbédji est donc béni du ciel. »
Il a longuement salué un parcours qui a traversé et façonné les époques. « Votre attachement constant aux procédures et à l’esprit du droit a permis, à chacune de ces étapes, de préserver l’équilibre institutionnel », a-t-il souligné, rappelant la ténacité d’Houngbédji lors des premières heures de la démocratie et son rôle de stabilisateur dans des contextes politiques tendus. « Vous avez incarné une conception exigeante de la fonction (…) où l’autorité ne se confond jamais avec l’arbitraire, et où la fermeté procède toujours du droit. »
Humilité et confession d’un « Patriarche »
Visiblement ému, Me Adrien Houngbédji a exprimé sa surprise et sa gratitude : « Merci, je ne m’attendais pas à tant. » Il a en retour loué les qualités du président Vlavonou, voyant dans cette initiative d’hommage aux anciens une preuve « d’humilité », « d’indulgence » et d’une volonté de s’inscrire dans la continuité des legs parlementaires.
Dans une confession lucide sur son expérience unique – ayant présidé l’Assemblée sous les mandats de Nicéphore Soglo, Mathieu Kérékou, Boni Yayi et Patrice Talon –, il a concédé en avoir « goûté les délices et les amertumes ». « Tout n’a pas été rose. J’ai fait ce que j’ai pu », a-t-il confié, livrant en sage une maxime pour ses successeurs : « Le Président de l’Assemblée nationale est fort de la force des députés et faible de leur faiblesse. »
La cérémonie s’est achevée par la remise officielle de l’ouvrage commémoratif, de cadeaux et d’un trophée au « Patriarche », scellant ainsi de manière tangible la reconnaissance de la Nation envers l’un des piliers de son histoire démocratique.



