Une frappe aérienne survenue le 6 janvier dernier dans l’ouest du Niger a fait au moins 17 morts civils, dont quatre enfants, et une dizaine de blessés. Dans un communiqué publié ce 9 février, l’ONG Human Rights Watch (HRW) affirme que l’armée nigérienne est à l’origine de cette attaque, « en violation du droit de la guerre ».
Une attaque en plein marché
Le drame s’est produit vers 13h30 dans le village de Kokoloko, dans la région de Tillabéri, à une centaine de kilomètres de la capitale Niamey et à proximité de la frontière avec le Burkina Faso. Selon les témoignages recueillis par HRW, un drone aurait survolé la zone à deux reprises avant de lancer une munition alors que le marché hebdomadaire était bondé. « Des centaines de personnes étaient présentes », précise l’ONG.
Outre les victimes civiles, l’attaque aurait également tué trois combattants islamistes présents dans la foule. La zone dite des « trois frontières », aux confins du Niger, du Mali et du Burkina Faso, est un bastion connu de groupes jihadistes actifs dans toute la région sahélienne.
L’armée nigérienne pointée du doigt
HRW indique que la frappe a été « apparemment exécutée par un drone militaire nigérien ». S’appuyant sur une enquête de terrain, l’organisation estime que « les autorités nigériennes devraient immédiatement ouvrir une enquête impartiale » sur cette attaque, qui « pourrait constituer un crime de guerre ».
À ce jour, ni l’État-Major des armées ni le gouvernement de transition nigérien n’ont officiellement réagi à ces accusations. Les forces armées nigériennes, engagées dans une lutte complexe contre des groupes insurgés, utilisent régulièrement des drones dans leurs opérations, parfois fournis par des partenaires étrangers.
Appel à une enquête impartiale
Face au silence des autorités, HRW appelle à la transparence et à la justice. « Une enquête approfondie et impartiale est nécessaire pour établir les circonstances exactes de cette frappe, identifier les responsables et garantir réparation aux victimes et à leurs familles », insiste l’organisation de défense des droits humains.
Ce tragique événement relance le débat sur les pertes civiles dans les opérations antiterroristes au Sahel et sur les protocoles d’engagement des forces armées dans des zones peuplées. Les civils paient souvent le prix le plus lourd dans ce conflit qui dure depuis plus d’une décennie.
WM



