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Afrique

Traite transatlantique : La question des réparations de l’esclavage relancée par…

La secrétaire générale du Commonwealth, Shirley Ayorkor Botchwey, a relancé avec fermeté le débat sur les réparations dues aux pays ayant subi la traite transatlantique. Alors que Londres se montre réticent à l’idée d’indemnités financières, d’autres pistes, allant des excuses officielles à la refonte des programmes éducatifs, sont sur la table.

C’est une déclaration qui remet le sujet au cœur de l’agenda international. À la tête du Commonwealth depuis peu, l’ancienne ministre ghanéenne des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchwey, a affirmé son soutien aux demandes de réparations des pays membres victimes de la traite esclavagiste transatlantique. Elle s’est dite confiante quant à la tenue de « négociations prochaines », une annonce qui résonne comme un appel à ses 56 États membres.

Cette organisation, qui rassemble d’anciennes colonies britanniques à travers l’Afrique, les Caraïbes ou le Pacifique, et toujours dirigée par le roi Charles III, pourrait devenir le théâtre de discussions historiques. L’objectif affiché par Mme Botchwey est clair : rassembler autour de la table les pays concernés, les organisations régionales comme l’Union africaine, et surtout, l’ancienne puissance coloniale, le Royaume-Uni.

Des réparations sans chèque ?

La question centrale de ces futures négociations sera la forme que pourraient prendre ces réparations. Si le gouvernement britannique s’est déjà opposé fermement au versement d’indemnités financières, cette position ne semble pas être un obstacle insurmontable. En effet, de nombreux gouvernements africains et caribéens, ainsi que les associations anti-discrimination, partagent une certaine défiance envers une simple compensation monétaire. Ils craignent une mauvaise redistribution des fonds et estiment, sur le plan symbolique, « qu’aucun chiffre ne peut compenser l’enlèvement de plus de 12 millions d’Africains ».

C’est donc vers des mesures plus « créatives » que le débat s’oriente. Plusieurs pistes, jugées acceptables par les parties prenantes, sont d’ores et déjà évoquées :

· Des excuses officielles de la part de la Couronne britannique.
· La restitution des biens culturels pillés durant la période coloniale, à l’image des célèbres bronzes du Bénin.
· L’effacement de la dette de certains pays, envisagé comme une compensation du préjudice économique et social subi.
· Une refonte des programmes éducatifs au Royaume-Uni et dans le monde, afin d’y inclure plus largement et plus justement l’histoire afro-caribéenne et les conséquences de la traite.

L’ombre du Roi et le prochain sommet

L’engagement personnel de la famille royale pourrait jouer un rôle dans ces discussions. Quelques mois avant de devenir roi, Charles III s’était dit ouvert à l’idée de « réparations créatives ». Une position qui sera scrutée de près.

Le sujet devrait connaître une accélération décisive cet automne, à l’occasion du sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, qui se tiendra à Antigua-et-Barbuda. Le souverain y est attendu, et la pression monte pour que cette réunion, censée célébrer les liens de l’organisation, ne passe pas à côté de ce qui pourrait être l’un des plus importants chantiers mémoriels et diplomatiques du XXIe siècle.

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