(Il veut liguer 65 maires contre la quête du taux de participation à la présidentielle)
À défaut de bien faire, il faut travailler à ne pas mal faire ou à ne pas merder exprès pour des objectifs inavoués. Voilà ce qu’on peut retenir du comportement hier du préfet des Plateaux, Daniel Valère Setonnougbo, à Pobè, lors de la prise de service du nouveau maire de cette localité.
En parfaite méconnaissance des textes, monsieur le Tout-puissant préfet a exigé au maire sortant Simon Adébayo Dinan de déposer sa voiture de service à la mairie. Mais, connaissant les textes en la matière, le maire lui a poliment opposé son refus. Mais comme le zèle est le sport favori de cette autorité, il ne pouvait rater pareille occasion de brandir tous les galons inscrits sur ses épaules. Il ordonna aussitôt à la police sur place, de maîtriser le maire et ledit véhicule. La situation a failli dégénérer puisque les populations, qui sont elles, au fait de ce minimum, se sont rangées du côté du maire contre l’autorité.
Il aura fallu l’intervention directe du ministre de la Décentralisation, Raphaël Akotègnon, pour le dissuader de se livrer à son vilain spectacle.
Or les mêmes textes qui ont dévolu l’entretien des véhicules de fonction aux maires, leur donnent le droit de repartir après leur mandat tout en prenant soin de respecter le délai pour faire passer les papiers du véhicule aux standards de véhicule personnel à la plaque minéralogique de couleur blanche.
Une réforme que tous les maires doivent au président Patrice Talon, leur « papa bonheur » . Quand on sait que 65 maires sont dans cette situation, on imagine ce que la vilaine bourde du préfet Setonnougbo allait coûter au projet de la mouvance de réussir un taux record de participation des populations au prochain scrutin de mai 2026.
Le président Talon ayant horreur de l’inconnu pour garder souvent très longtemps en poste ses cadres, il est évident que certains d’entre eux se prennent pour des propriétaires des lieux au point de développer le syndrome du propriétaire : on s’en fout. Les populations attendent de voir la réaction du ministre Akotègnon pour donner le bon exemple aux autres. Un préfet noyé dans ses petites querelles au point de s’écarter de l’essentiel, doit être bien puni pour montrer que nul ne sera au-dessus de la loi.
À suivre.
Aboubakar TAKOU



