Ce mardi 24 février 2026, l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP) a organisé une rencontre d’envergure à l’hôtel Azalaï de Cotonou. Cette rencontre visait à dresser le bilan de capitalisation de la phase pilote du guichet unique de déclaration et d’enregistrement des naissances dans les formations sanitaires.

Au cours de cette rencontre, qui a réuni les responsables de l’ANIP, les autorités sanitaires béninoises, des experts de l’identification et des organisations internationales, le Directeur de l’État civil (DEC), Abdon Marius MIKPON’AÏ, a mis en lumière les objectifs réels du guichet unique de déclaration et d’enregistrement des naissances au Bénin. Selon lui, « le Bénin a franchi une étape déterminante dans sa marche vers l’universalisation de l’identité juridique ».
« Garantir à chaque enfant un acte de naissance dès ses premiers instants de vie n’est pas seulement une exigence administrative ; c’est un impératif moral, juridique et social. L’accès effectif à l’enregistrement des naissances constitue la porte d’entrée vers l’exercice des droits fondamentaux et l’accès aux services sociaux de base », a-t-il déclaré, avant de poursuivre : « Le guichet unique de déclaration et d’enregistrement des naissances s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Il vise à rapprocher le service public des citoyens, à simplifier les procédures et à assurer l’immédiateté de l’enregistrement des naissances. »
Le DEC a ainsi indiqué que « la phase pilote, conduite dans dix (10) formations sanitaires réparties sur l’ensemble du territoire national, a permis d’enregistrer des avancées significatives : l’enregistrement en temps réel de plusieurs naissances, une réduction notable des délais d’obtention des actes de naissance, et une amélioration substantielle de la qualité et de la fiabilité des données collectées ».

La représentante de l’UNICEF, Julie Dubois, a, lors de son allocution, salué la dynamique de modernisation enclenchée par les autorités béninoises en charge de l’identification, en synergie avec les autorités sanitaires. Elle a réitéré l’engagement de l’UNICEF en faveur de ces réformes structurantes et promis d’accompagner l’ANIP et le ministère de la Santé afin que cette dynamique contribue durablement à garantir à chaque enfant son premier droit : le droit à une identité légale. « L’enregistrement des naissances est le premier droit de l’enfant. Il conditionne l’accès à la santé, à l’éducation, à la protection sociale et à la protection contre les abus. Sans identité légale, un enfant risque de rester invisible, exclu des politiques publiques et davantage exposé aux vulnérabilités », a martelé celle qui est également Cheffe de la protection de l’enfance à l’UNICEF.
Quant au Directeur général de l’ANIP, Aristide Adjinacou, il a, en ouverture des travaux, salué le professionnalisme des membres de l’Agence dont il est le premier responsable, la collaboration fructueuse des partenaires ainsi que l’impact significatif du dispositif déployé depuis août 2025 dans le cadre de la phase pilote. Il a dressé un bref bilan des résultats obtenus durant cette période.
Il a souligné que « nous connaissions un schéma : naissance, déclaration, déplacement, enregistrement. Ce déplacement constituait un frein. Face à cette réalité, nous avons fait le choix de transformer le modèle et non de procéder à un simple ajustement : rapprocher l’enregistrement du lieu de naissance, intégrer déclaration et enregistrement, supprimer la rupture. C’est ainsi qu’est née la phase pilote du guichet unique ».
« Six mois après son lancement, le taux d’enregistrement dépasse 75 % dans les formations sanitaires pilotes. Ce n’est pas une amélioration marginale, c’est un basculement structurel. Et au-delà du volume, la qualité progresse : plus de 96 % des enfants enregistrés disposent d’une reconnaissance de paternité formalisée. Nous renforçons l’état civil, nous consolidons le registre national, nous bâtissons l’infrastructure de confiance de notre pays », a présenté le DG de l’ANIP.
Soulignant l’importance et les conditions d’un passage réussi des zones pilotes à l’échelle nationale, Aristide Adjinacou a insisté : « Le guichet unique corrige une faiblesse structurelle de notre système. Les résultats que nous allons examiner ne sont pas de simples statistiques. Ils démontrent qu’une réforme bien conçue, centrée sur les citoyens, peut transformer durablement nos indicateurs nationaux. »
À noter qu’au cours de l’atelier, une étude comparative a été réalisée sur les résultats des déclarations et enregistrements des naissances obtenus avant la phase pilote et pendant sa mise en œuvre, mettant en évidence de grandes avancées.
Une nouvelle plateforme améliorée et modernisée, déjà conçue, sera bientôt mise à la disposition de toutes les zones sanitaires du pays, à commencer par les structures publiques, puis privées. Il sera désormais possible pour les parents d’effectuer les déclarations et enregistrements dans les zones sanitaires jusqu’à l’obtention du Numéro Personnel d’Identification (NPI) du nouveau-né, sans se déplacer vers les agences de l’ANIP. Ces procédures sont également valables pour les naissances survenues chez les Béninois de la diaspora.
Des innovations et des réformes qui viennent soulager et faciliter le quotidien du citoyen béninois.
François D’Assise BATCHOLA



