Le Béninois Libéré
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Politique

Une première fois après les sanctions et sa démission du BRLES CONFIDENCES DE KOOVI SUR TALON, DJOGBENOU, WADAGNI, ABT, KASSA ET LE BR

(Entrera-t-il dans l’UPR ? Sa réponse…)

Dans un entretien exclusif accordé à l’émission « Confidence dans le noir », Bertin Koovi, me désormais ex-membre du Bloc républicain, président de l’Alliance Iroko, et surtout Coordonnateur National Dynamique Wadagni, est sorti de son silence pour la première fois depuis sa démission spectaculaire du Bloc Républicain. L’homme qui a choisi de quitter le navire sur un plateau de télévision pour « que ça ne reste pas dans l’ordinaire » se livre à cœur ouvert sur ses relations avec le chef de l’État, ses rancœurs, ses espoirs et l’avenir politique qui s’ouvre devant lui. Entre confessions douloureuses et révélations sur les coulisses du pouvoir, plongée dans l’esprit d’un stratège qui revendique haut et fort son droit à l’existence politique.


La démission programmée : « J’avais prévu de démissionner »
Ce n’était pas un coup de tête. Bertin Koovi l’affirme avec la force de celui qui a tout calculé : sa démission était écrite bien avant la sanction qui l’a frappé. « J’ai écrit à mon épouse aux États-Unis le 3 février, lui disant : tu verras des images, tu vas entendre des choses, ne te préoccupe pas, j’ai la situation en main », révèle-t-il.
L’ancien conseiller stratégique du BR explique sa démarche par un sentiment d’abandon progressif au sein de la formation politique qu’il avait pourtant choisi d’intégrer en juin 2021. « J’en étais venu à devenir comme un meuble de la maison présidentielle que personne ne consulte, que personne n’appelle, que personne ne considère. Je ne suis à aucune réunion », confie-t-il, amer.
Pourtant, l’homme qui se définit comme un « metteur en scène » assume totalement le caractère théâtral de son départ : « Je suis un metteur en scène, je crois que je me suis trompé de métier. J’aurais dû faire du cinéma. Si ça n’avait pas été fait de cette façon-là, on ne serait pas en train d’en parler. » Le succès est immédiat : « Le lendemain de ma démission, j’ai eu droit à six plateaux de télévision. »


La sanction : une épreuve acceptée
Contre toute attente, Koovi ne conteste pas la décision du parti qu’il a servi avec ferveur. « Comment voulez-vous que quelqu’un qui a justifié son adhésion au BR par le fait que ce parti a sanctionné un ministre en fonction se plaigne d’être sanctionné ? », interroge-t-il, logique implacable.
Il rappelle même le montant symbolique de son adhésion : « J’ai payé 500.000 francs, je ne veux pas que quelqu’un dise que je suis venu dans un parti chercher de l’argent. »
Mais l’homme blessé laisse transparaître une comparaison qui fait mouche : « Il y a un an, j’ai vu un ministre qui a traité son ancien collègue de ‘siphonneur’, ce qui impliquait tout un gouvernement. Il est député aujourd’hui. » Sous-entendu : la justice du parti serait à géométrie variable.


Talon : l’amour blessé du fils spirituel
Le passage le plus émouvant de l’entretien concerne sans doute la relation quasi filiale que Koovi entretient avec le président Patrice Talon. « Ma seule tristesse, c’est d’avoir rendu le président fâché. Ça, ça me chagrine. Parce que je peux décevoir tout le monde, énerver tout le monde, irriter tout le monde, mais pas Patrice Talon », lâche-t-il, la voix chargée d’émotion.
L’homme qui doit son retour au Bénin à Talon, à Olivier Boko et à Aboubakar Takou, le présentateur de lémission, n’a pas vu le président depuis le 28 septembre 2024. « Je lui ai annoncé que le Bénin était distingué par un prix sur l’économie. Il m’a dit : dès que tu reviens, on organise une rencontre. Depuis le 15 octobre 2024, je suis rentré. 2025, j’ai eu droit à 12 audiences annulées. 2026, pareil », énumère-t-il, chiffres à l’appui.
Cette mise à l’écart est vécue comme une souffrance intime : « Je souffre à l’idée d’avoir fait souffrir le chef de l’État. Mais curieusement, quelque part, je me dis : ça voudrait dire que j’existe, alors. »
Dans un élan quasi biblique, il lance un appel poignant : « Président, choisis quatre géants, ou je viendrai moi-même avec la corde. Qu’ils me donnent cinquante coups, c’est ce que mon père faisait. Je veux rencontrer le chef de l’État pour lui demander pardon, me mettre à genoux. »


Djogbénou : l’adversaire respecté
Sur Joseph Djogbénou, le ton change. Loin des anathèmes, Koovi reconnaît la stature de l’homme. « On peut ne pas aimer Djogbénou, mais c’est une bête politique. Honnêtement, j’ai du plaisir d’avoir un tel adversaire », confesse-t-il.
Mieux, il révèle une rencontre secrète : « Le 12 février 2023, il m’a fait l’honneur de me recevoir à domicile. Après tout ce que j’ai pu dire contre lui, nous avons parlé de 21h30 à 22h15, nous avons prié ensemble. Il est vivant, je suis vivant aussi. »
Dans cette confidence, Koovi livre même un conseil donné à Djogbénou : « Je lui ai dit : ne sois pas candidat pour 2026. Si tu l’étais, tu mourras sur ton chemin. Par contre, si en 2031 tu étais candidat, je ne trouverais rien à redire. » Une déclaration qui en dit long sur la vision qu’il a de l’avenir politique du leader de l’opposition.


Romaric Wadagni : la révélation
Celui que beaucoup voyaient comme un technocrate discret est en réalité, selon Koovi, une bête politique insoupçonnée. « Le Romaric que je croyais idiot, inculte, ce monsieur n’est pas con. C’est une bête politique. Il a du verbe et il a des idées », s’étonne encore l’ancien du BR.
Il raconte sa découverte : « Je lui ai dit : mais toi, tu sais parler comme ça ? Le Romaric que j’ai vu, c’est un gars qui ne peut pas lire. Il m’a raconté le contexte. Romaric sait parler. Si on ne le surveille pas de près, il va faire faux. »
Sur le candidat du pouvoir, Koovi est catégorique quant à sa victoire, mais pas tendre dans l’analyse : « Je ne suis pas dans les ‘si’. Romaric ne prendra pas le pouvoir. En tout cas, moi, je suis là pour l’en empêcher. Ce n’est pas démocratique que quelqu’un le dise, mais je vais convaincre la population. »
Il promet même un duel médiatique : « Je vais inviter Fred Hounou à un débat avec vous. Romaric Wadagni et Paul Hounkpè, ça sera appétissant. »


Abdoulaye Bio Tchané : le malentendu
Les relations entre les deux hommes sont complexes. Koovi tient à dissiper un malentendu tenace : « Ce n’est pas ABT qui m’écrit mes textes. J’étais déjà un homme politique. ABT était seulement ministre, puis à l’FMI. ABT est devenu un homme politique en 2011. J’étais déjà homme politique. »
Il raconte même que c’est souvent l’inverse : « ABT avait le génie de m’appeler pour se plaindre alors que c’est lui qu’on défend. C’est le BR qu’on défend. Au Koovi, ils vont dire que c’est moi. »
Pourtant, une ombre plane. Koovi confie que lorsque sa suspension est intervenue, Bio Tchané n’a pas eu un mot pour lui. « Depuis que la décision finale est sortie, il ne m’a pas fait l’amitié de m’appeler pour me soutenir. » Seuls deux hommes ont eu cette délicatesse : Arifari-Baco et Général Robert Gbian.


Barthélémy Kassa : l’énigmatique
Sur l’ancien président de l’Assemblée nationale, Koovi livre un portrait en demi-teinte : « Kassa, c’est quelqu’un que j’aime bien, que j’appelle affectueusement ‘Gouverneur’. J’ai mon champ à Cotiakou, près de Tanguiéta, parfois quand je vais là-bas, il me reçoit, on parle bien. »
Mais il nuance aussitôt : « Mais Kassa est un peu énigmatique. À son visage, tu sais qu’il est énigmatique. On ne sait pas s’il vous aime ou s’il vous déteste. Maintenant, je ne sais pas si Kassa m’aime ou me déteste. Cela ne veut rien dire du tout. »
Une façon de signifier que dans la politique béninoise, les sentiments personnels comptent moins que les positions.


Le BR : une histoire d’amour déçu
L’ancien partisan du Bloc Républicain retrace son engagement avec la passion du converti. « J’ai choisi le BR parce que ce parti a sanctionné un ministre en fonction. J’ai choisi un parti qui peut avoir la discipline, qui peut sanctionner quand il estime que le militant a mal agi. »
Il rappelle son investissement quasi mystique : « J’ai porté le BR comme une femme enceinte. Je faisais des audios en français, en goun, en bariba, en dendi, en mina, rien que pour pouvoir signer ‘BR’ à la fin. » Une référence biblique à l’appui : « Quand les chrétiens disent ‘la foi vient de ce qu’on entend’, Romains 10, verset 17. »
Mais la désillusion est amère : « Si le BR ne reconnaît pas ce que nous avons fait… » La phrase reste en suspens, comme un constat d’échec.


Le troisième mandat : l’initiative secrète
Révélation surprenante : Koovi révèle être à l’origine des recours devant la Cour constitutionnelle pour permettre un troisième mandat à Patrice Talon. « J’ai lancé ce mouvement ‘Dynamique Talon continue’. C’est moi-même qui ai fait les recours et qui ai appelé mes amis. Trois différents recours sont allés à la cour. »
L’objectif était stratégique : « Je voulais que ça devienne un débat national. La cour m’a appelé, ça m’a donné une tribune pour parler. »
Mais Talon a stoppé net l’initiative : « Un matin, j’allais à la cour, il m’appelle : ‘Koovi, où es-tu ? Reviens.’ Il me dit : ‘Le chef de l’État dit qu’il ne veut pas d’un troisième mandat.’ Donc, arrivé à la cour, il faut te dédire et clore ce dossier-là. »
Et pourtant, Koovi avoue : « J’ai continué. Je voulais qu’il continue réellement. Je croyais qu’il avait besoin encore de cinq ans pour parachever ce qu’il a commencé. »


2033 : l’horizon lointain
Sur l’avenir, Koovi projette déjà 2033. « En 2033, il n’y a plus de combat. J’ai choisi Romaric Wadagni. Je crois que ça suffira. Et nous avons douze ensemble. » Une confiance absolue dans la victoire du candidat du pouvoir.
Mais quand on lui demande s’il sera candidat, sa réponse est plus nuancée : « Je me suis amendé totalement mes ambitions. C’est-à-dire 2026, 2033, même 2040. Quand je suis président, ça ne me prend plus la tête. Que quelqu’un réalise mes idées pour le bien-être des populations. »
Une abnégation qui force le respect, même si on sent poindre l’amertume de celui qui aurait aimé compter davantage.


La « troisième voie » : une révélation majeure
Interrogé sur le fils d’Abou Bio Tchané, Koovi lâche une bombe : « Il est la troisième voie, en 2028, 2030 peut-être. Nous, les 65%, moi je suis sorti, je suis devenu le leader des 65% qui n’étaient pas sortis. Mais on va se constituer aussi en troisième voie. »
De quoi s’agit-il exactement ? Koovi explique : « Le peuple béninois doit se rassembler. Les 65% qui ne sortent pas, c’est parce qu’ils n’ont pas trouvé un langage ni dans BR ni dans UPR. »
L’ancien du BR laisse entendre que cette troisième force pourrait prendre la forme d’un parti politique, mais reste évasif : « Il ne répond pas encore. Mais il y aura la troisième voie. » Un mystère de plus dans la stratégie de communication de celui qui se plaît à brouiller les pistes.


Entrera-t-il à l’UPR ? La réponse
Question cruciale : après sa démission du BR, Koovi va-t-il rejoindre l’Union Progressiste ? Sa réponse est cinglante : « Je ne vois pas l’UPR. Mon avenir politique, je ne crois pas que ce soit l’UPR. »
Il précise sa pensée : « On a vu des couples séparés, divorcés, qui se remarient. Mais je ne vois pas l’UPR. » Une porte définitivement fermée, semble-t-il.
Alors, quelle est sa feuille de route ? « J’ai la dynamique Talon continue, qui est devenue dynamique continue avec Wadagni et Talata. Qui fait la campagne, la pré-campagne pour faire connaître Wadagni au nord et aux paysans depuis septembre. »
Sur le fond, Koovi annonce une décision radicale à partir du 1er mars : « Je vais me taire. Ce serait silence radio. C’est Koovi qui parle et chacun commence à commenter Koovi. Au moins, ça anime la vie politique. On ne fait pas la politique la bouche fermée. »


Paul Hounkpè : le faire-valoir
Sur le candidat de l’opposition, Koovi est d’une franchise désarmante. « Quand je suis allé chez Hounkpè, c’est parce qu’il faut créer de l’antagonisme, il faut créer le débat. J’ai fait qu’on parle de Hounkpè aujourd’hui. »
Mais il ne croit pas une seconde à sa victoire : « Hounkpè, même si tous les Béninois se mettent derrière lui, il ne peut pas gagner. Parce qu’il ne peut même pas gagner lui-même. »
Il révèle même leur conversation privée : « Je lui ai posé la question : tu veux être président ? Il m’a donné une réponse de sagesse. Mais moi, si on m’avait posé cette question-là, je l’aurais répondu de façon péremptoire. »


Fred Hounou : l’ami de l’autre côté
Sur Fred Hounou, qui assure la communication de Paul Hounkpè, Koovi est plein d’indulgence. « Il est un peu fâché pour la façon dont sa propre ambition d’être candidat a été gérée par le BR, qui aurait pu l’appeler, l’écouter. Ce sont aussi les erreurs du BR. »
Il analyse : « Le monsieur manifeste le désir d’être candidat. Appelez-le. Parlez-lui et dites-lui : écoute, on a mieux que toi. On ne lui a rien dit. »
Pourtant, il nuance : « Il a tort de s’opposer après au choix du parti. Je ne me suis jamais opposé au choix de Romaric Wadagni. » Une façon de marquer sa différence tout en respectant l’ami d’en face.


La prison : une expérience transcendée
Koovi évoque son incarcération passée en Guinée équatoriale avec un détachement philosophique : « La prison pour moi, ça n’existe pas. C’est dans la tête. On m’a mis en prison et la nuit on m’a arrêté. Le lendemain, un de mes gars du corps, commissaire, m’a dit : comment a été la nuit ? J’ai dit : c’était la meilleure nuit. »
Sa conclusion est existentielle : « C’est l’émotion que vous donnez aux situations qui en font un problème ou pas. » Une leçon de vie qui éclaire peut-être sa résilience face aux épreuves politiques.


La démocratie maîtrisée : un concept assumé
L’expression revient comme un leitmotiv : « Nous sommes dans une démocratie maîtrisée. On n’aime plus les débats, on n’aime plus qu’on émette les idées. »
Koovi l’assume et le déplore à la fois : « Une telle façon de faire va tuer même tout le processus, va tuer le modèle. Ceux qui se taisent, vous croyez qu’ils ne savent pas qu’il faut parler ? Ils savent bien. Pourquoi ils ne le font pas ? Parce qu’ils savent que nous sommes dans un modèle où on ne s’exprime plus publiquement. »
Lui a choisi de parler, quitte à payer le prix fort. « J’ai décidé de jouer un rôle ingrat afin de garder notre démocratie vivace. »


Niger : « Je l’avais dit »
Retour sur une polémique passée. Koovi rappelle son opposition à la position du Bénin lors de la crise nigérienne : « Le 5 septembre 2023, j’allais à Malanville faire un événement contre l’UMOA et la CEDEAO. Je m’opposais à ce que le président Talon soutienne leur décision. Aujourd’hui, la frontière est fermée. Où est Tiani ? »
Il revendique une forme de clairvoyance : « J’avais déjà vu qu’aucune armée n’ira au Niger faire la guerre. Et n’ayant pas fait la guerre, c’est le Bénin qui va en souffrir. »


L’hommage à ceux qui sont restés
Dans la solitude de sa mise à l’écart, Koovi rend hommage aux rares qui ont osé tendre la main. « Arif Babi m’a écrit. Il m’a dit : au vu du courage, je reconnais que tu as fait une erreur, mon frère. Je suis peiné de ce qui t’arrive. Tu as fait une erreur et tu méritais une sanction. »
Même réaction de Gérald Gbian. Mais pour les autres, l’analyse est amère : « Ils ont entendu que Talon est fâché contre Koovi. Donc désormais, c’est un misérable. Il faut rester loin de lui. »


L’argent en politique : une mise en garde
Sur la création de mouvements citoyens, Koovi est formel : « Pas des mouvements à qui on donne de l’argent. Sinon, vous aurez des opportunistes, des profitos, des situationnistes. »
Sa vision est claire : « Il faut des mouvements qui ont commencé par eux-mêmes, qu’il faut soutenir parce que l’argent est le nerf de la guerre. Mais il ne faut pas les créer par l’argent, sinon tout le monde créera des mouvements. » Une leçon pour l’avenir politique du Bénin.


La blessure et l’espérance
Au terme de cet entretien fleuve, Bertin Koovi apparaît comme un homme blessé mais debout, seul mais entouré de l’affection populaire. « Si aujourd’hui, il y a un référendum au BR, je vais battre chacun d’entre eux. Je les battrai tous », lance-t-il, provocateur jusqu’au bout.
Mais le dernier mot est pour le président Talon : « Monsieur le Président, moi je voulais surtout que vous remarquiez que j’existe toujours. Je ne voulais pas vous énerver, c’est sûr. Je croyais que vous alliez dire : ‘Oh, ce fou de Koovi, qu’est-ce qu’il dit encore ?' »
Dans cette confession dans le noir, Koovi aura éclairé d’une lumière crue les arcanes du pouvoir béninois, la solitude des combattants politiques et l’indicible lien qui unit ceux qui ont choisi, comme lui, de vivre dangereusement.
« Je n’ai pas d’amitié. Je vis comme un prisonnier. La seule différence, c’est que je serais entre quatre murs, ce ne serait pas différent de ce que je vis déjà aujourd’hui. »
Mais cette prison-là, Koovi a choisi de l’illuminer de sa verve intarissable, de ses paradoxes et de cette liberté qui le caractérise : celle de dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas.

WM

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