*Les mises en garde du Cnin
Face à la démocratisation des outils d’intelligence artificielle (IA) capables de générer ou modifier des images, le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) du Bénin rappelle le cadre légal strict en vigueur. Utiliser l’image d’une personne sans son consentement, même via des algorithmes, est désormais lourdement sanctionné.
Le développement fulgurant de l’IA générative a ouvert la voie à des pratiques inquiétantes : détournement de photos, création de deepfakes, ou utilisation de portraits pour alimenter des algorithmes. Consciente de ces nouveaux risques, la République du Bénin, par le biais de son Centre National d’Investigations Numériques (CNIN), rappelle que ces actions ne sont pas sans conséquences juridiques.
Dans une récente communication destinée au grand public, le CNIN a tenu à clarifier la loi, avertissant que « modifier, générer ou utiliser l’image d’une personne à l’aide de l’intelligence artificielle sans son autorisation constitue une atteinte au droit à l’image ».
Un cadre légal très dissuasif
Et pour cause, le législateur béninois a prévu des sanctions particulièrement sévères pour ce type de délit. Selon l’article 576 du Code du numérique, les contrevenants s’exposent à une peine pouvant aller jusqu’à cinq (5) ans d’emprisonnement et à une amende colossale de vingt-cinq millions (25 000 000) de francs CFA.
Cette mise en garde officielle intervient dans un contexte où les cas d’usurpation d’identité et de diffusion d’images trafiquées se multiplient sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie. Le CNIN souligne l’importance de respecter la dignité des personnes et de leur consentement.
Recommandations et recours
Pour éviter tout risque de poursuites, l’institution appelle à la plus grande vigilance : « Respectez l’image et la dignité des autres. Avant de publier, demandez l’autorisation. » Un message simple mais crucial à l’ère du tout-numérique.
Pour les victimes de telles pratiques, le CNIN met à disposition des canaux de signalement et de plainte. Les personnes concernées peuvent désormais saisir l’institution via l’adresse email dédiée plaintes@cnin.bj ou consulter le site web www.cnin.bj pour obtenir des informations sur les procédures à suivre.
Cette initiative du CNIN marque une étape importante dans la régulation du numérique au Bénin, posant des garde-fous essentiels face aux dérives potentielles des nouvelles technologies. Elle rappelle que derrière chaque image se trouve une personne dont les droits doivent être préservés.



