En réponse à la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient, le gouvernement a annoncé officiellement le 11 mars dernier le début d’une opération de rapatriement de ses ressortissants. Sous l’ordre du président Brice Clotaire Oligui Nguema, cette initiative a permis le retour d’un groupe initial de 36 Gabonais le dimanche 22 mars en milieu de journée.
La coordination de cette opération se fait depuis l’Arabie saoudite par les services diplomatiques nationaux. L’évacuation priorise les citoyens déjà enregistrés auprès des ambassades et consulats, avec environ 800 Gabonais estimés vivre dans la région, en grande partie à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Alors que certains ont quitté la zone conflictuelle par leurs propres moyens, le gouvernement invite les ressortissants restants à se faire recenser rapidement pour bénéficier du soutien de l’État. Le retour des 36 premiers rapatriés a nécessité une logistique spéciale en raison des tensions militaires. Les passagers ont d’abord été déplacés de l’aéroport de Dubaï jugé dangereux vers Sharjah par voie terrestre, puis ont pris un vol de la compagnie Ethiopian Airlines vers Addis-Abeba, pour finalement rejoindre Libreville après une nuit de transit. À leur arrivée, la ministre des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla-Ye Doumbeneny, les a officiellement accueillis. Les témoignages montrent une situation tendue, certains exprimant la peur pour leur vie en raison des bombardements nocturnes. Malgré ce premier vol, de nombreux Gabonais demeurent au Moyen-Orient dans un contexte d’incertitude sécuritaire. Les autorités consulaires font face à des compatriotes installés depuis longtemps dans la région, réticents à quitter malgré les risques. La cheffe de la diplomatie a appelé la diaspora à la prudence et au retour au Gabon pour rassurer les familles face à un conflit d’ampleur incertaine.
Jean De Dieu TRINNOU



