À malin, malin et demi, dit-on. Le président Boni Yayi va l’apprendre à ses dépens. À vouloir ruser avec tout et avec tout le monde, Boni Yayi, pourtant démissionnaire du parti LD, a poussé dimanche dernier, au Chant d’Oiseau à Cotonou, le bouchon trop loin en demandant à ses loubards de semer la pagaille lors du conseil national.
Ouvert par le premier vice-président, Eric Houndété assurant l’intérim à la suite du départ de Yayi, la grogne des différentes factions dépêchées par les soins du roi des intrigues, n’a pas facilité le bon déroulement des choses. Après l’adoption du ninisme: ni Wadagni, ni Hounkpè, Éric Houndété a dû lever la séance. C’est bien après son départ, tard dans la nuit, que les vautours se sont jetés sur la carcasse du parti, prenant l’illégalité pour norme.
Contrairement aux textes du parti, les loubards de Boni Yayi ont ouvert un conseil parallèle qui a abouti au débarquement d’Éric Houndété de la tête du parti, au profit de l’ombre de Yayi. Pour une fois, les camarades d’Éric Houndété ont dit leur ras-le-bol: trop, c’est trop. À toujours se taire sous l’arbre, c’est la fiente des oiseaux qui vous badigeonne le visage. Éric Houndété devra désormais prendre ses responsabilités pour défendre le plus grand nombre contre les prédateurs de la légalité.
Il lui a donc été imposé de saisir les juridictions compétentes en la matière. Et si cette voie est suivie, l’ampleur de la bêtise des hommes de Yayi ne leur laisse aucune chance de victoire. Le parti reviendra légalement au camp qui a choisi de faire les choses à l’endroit, à l’opposé des adeptes de Joseph-Pierre Proudhon. Et ce sera justice. Le parti reviendra donc de droit à Éric Houndété et à ses camarades.
Pour la deuxième fois, le président Yayi va devoir faire avec son sort : perdre LD après avoir perdu la FCBE.
Aboubakar TAKOU



