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Politique

Ralliement de Mitokpè au duo de la mouvance après Chabi Yayi et autres : Wadagni continue de ratisser large

La prophétie du président Talon en marche

Alors que la course à la présidentielle s’approche à grands pas, le candidat Romuald Wadagni semble en train de transcender le cadre strict des partis de la mouvance. Avec le ralliement de figures historiques de l’opposition, comme l’ancien député Guy Mitokpè et Chabi Yayi, fils de l’ex-président Boni Yayi, la dynamique du ministre de l’Économie prend des allures de raz-de-marée politique.

Il y a des mouvements politiques qui se contentent de consolider leurs bases, et d’autres qui les pulvérisent pour embrasser un horizon plus vaste. Romuald Wadagni, candidat investi par le bloc de la majorité présidentielle (UPR et BR), semble appartenir à cette seconde catégorie. Loin de se reposer sur les acquis du soutien présidentiel, le ministre de l’Économie est en train de bâtir, pièce par pièce, un édifice qui dépasse largement le cercle des partisans historiques du régime de la Rupture.

Les dernières prises de guerre en date sont aussi symboliques qu’inattendues. Guy Mitokpè, figure de proue de la jeunesse politique et ancien membre influent du parti Les Démocrates, a officialisé son ralliement. À ses côtés, Chabi Yayi, fils de l’ancien président Boni Yayi et lui-même cadre démissionnaire du parti Les Démocrates, a également rejoint le camp du candidat. Ces défections, survenues en l’espace de quelques jours, ne sont pas anodines. Elles témoignent d’un phénomène plus profond : la dynamique Wadagni est en train d’absorber des éléments de l’opposition, brouillant les lignes traditionnelles du clivage politique béninois.

« Zéro opposition » : le pari de l’union sacrée

À cette allure, certains observateurs n’hésitent plus à pronostiquer une configuration inédite pour la prochaine présidentielle : celle d’un scrutin sans opposition structurée. En effet, au-delà des partis de la mouvance, ce sont désormais des membres du Mouvement Populaire de Libération (MPL), du Nouveau Front National (NFN), et donc une frange significative des Démocrates qui se rangent derrière Wadagni. L’idée fait son chemin : le projet porté par le candidat semble créer un espoir qui transcende les anciennes allégeances, au point de rassembler « tout le pays à sa cause », pour reprendre l’expression des nouveaux ralliés.

Ce phénomène de « ratissage large » est le fruit d’une stratégie assumée. Le camp Wadagni ne se contente pas de recevoir des soutiens ; il les provoque en misant sur une posture d’ouverture. Guy Mitokpè, en expliquant son choix, a résumé ce qui semble être la clé de cette adhésion : « J’ai vu un homme de clarté, un homme de vision, un homme qui, en 30 min, a démontré qu’il ne voulait pas un poste mais travailler pour l’avenir du Bénin. » En d’autres termes, c’est moins un ralliement à un homme ou à un régime qu’une convergence autour d’une méthode et d’une compétence reconnue.

L’opposition constructive, nouvelle matrice politique
Le discours tenu par les transfuges est, à lui seul, un indicateur de la transformation du paysage politique. Guy Mitokpè a pris soin de préciser que son engagement aux côtés de Romuald Wadagni ne renierait pas ses combats passés. « Pendant dix ans, nous nous sommes opposés à la gouvernance du Président Patrice TALON. […] La politique, dans sa noblesse, a besoin de lisibilité et de cohérence », a-t-il déclaré, avant de marteler que « le temps n’est plus à l’opposition systématique mais à l’action constructive auprès d’une compétence avérée ».

Cette rhétorique de l’« action constructive » est centrale. Elle illustre un basculement générationnel et stratégique : la fin de l’opposition de principe au profit d’une coalition des compétences. Pour une partie de la classe politique, Wadagni incarne cette rupture dans la continuité – une continuité des réformes, mais une rupture dans le style, privilégiant le dialogue et l’écoute.

Chabi Yayi, qui parle d’un ralliement par « pragmatisme » et de « convergence » de vues, abonde dans ce sens. Il a salué le sens de l’écoute de Romuald Wadagni, « le candidat de la majorité savoure une dynamique qui semble irrésistible. En ratissant au-delà des clivages traditionnels, en séduisant une partie de l’opposition et en capitalisant sur une image de compétence, Romuald Wadagni est en train de redessiner la carte électorale. Reste à savoir si cette dynamique, qui semble aujourd’hui « embarquer tout le monde », survivra à l’épreuve des urnes et à la complexité des équilibres post-électoraux.

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