« Le développement durable commence par l’autonomisation des jeunes et des femmes» et passe par Wadagni, soutient-il
Titulaire d’une licence en administration du travail et opérateur économique évoluant dans les secteurs de la boulangerie et de la pâtisserie, Luc Megbémado Quenum préside depuis deux ans le Mouvement citoyen pour un développement durable (MCDD). À travers cette organisation engagée dans l’action citoyenne et sociale, il œuvre à l’accompagnement des jeunes et des femmes confrontés aux défis de l’emploi et de l’entrepreneuriat. Dans cet entretien, il revient sur la vision de son mouvement, les raisons de son engagement politique et les actions envisagées pour renforcer une participation citoyenne durable.
Monsieur le Président, quelle vision concrète le MCDD porte-t-il aujourd’hui pour le développement durable au Bénin, au-delà du soutien électoral que votre mouvement affiche ?
La naissance du MCDD est partie d’un constat simple et connu de beaucoup de gens. Nous vivons dans un pays où la population est en grande partie dominée par les jeunes et les femmes, surtout les femmes. Cette frange de la population connaît assez de difficultés pour joindre les deux bouts au quotidien. Je veux parler des problèmes d’emploi et des difficultés financières que rencontrent les femmes lorsqu’elles choisissent d’entreprendre une activité économique.
Il y a deux ans, personnellement, pendant environ deux mois, je n’ai reçu que des sollicitations de jeunes et de femmes qui voulaient soit du travail, soit de l’aide pour entreprendre une activité dans leur domaine de formation. Il y avait aussi des femmes qui voulaient des prêts ou un avaliseur pour obtenir un prêt plus important auprès des institutions financières.
La vision du Mouvement citoyen pour un développement durable est donc partie de là. Ne pouvant ni trouver du travail à tous ces jeunes ni accorder des prêts à toutes ces femmes, nous nous sommes dits que nous pouvions faire autrement.
Faire autrement, c’est d’abord commencer par les outiller sur une bonne connaissance du marché de l’emploi, ensuite les orienter vers les bonnes personnes ou les bonnes institutions, et constituer une garantie financière pour ceux et celles qui en ont besoin.
L’objectif du Mouvement citoyen pour un développement durable est de faire en sorte qu’aucun jeune ni aucune femme de notre zone ne dise demain : « C’est parce qu’on ne m’a pas conseillé ou que je n’ai pas bénéficié d’un capital de départ que je n’y suis pas arrivé. »
Voilà un peu ce que nous faisons au MCDD, en dehors du soutien électoral que nous affichons en ce moment.
Pourquoi le MCDD a-t-il choisi de soutenir le duo Wadagni–Talata, et quels engagements précis attendez-vous de cette candidature envers les citoyens et votre mouvement ?
Vous savez, nous au MCDD, nous pensons que le développement durable commence par l’autonomisation des jeunes et des femmes. Et on ne peut pas développer un pays s’il n’y a pas, au sommet, des dirigeants capables de mettre en place un environnement économique viable et durable. Un environnement économique qui puisse permettre, par exemple, aux jeunes et aux femmes que nous avons au sein de notre mouvement de bénéficier de conditions et de dispositifs idoines pour prospérer dans leurs activités, manger à leur faim, sans pour autant se casser la tête ou se créer des complications inutiles.
En matière d’engagements attendus du gouvernement, les promesses sont là. Nous avons entendu le candidat du peuple, Romuald Wadagni, le dire : l’accès aux microcrédits sera modernisé. En 48 heures, un renouvellement sera possible et la priorité sera accordée à la mise en place de start-up agricoles, des choses sur lesquelles nous travaillons déjà à notre petite échelle au niveau de notre mouvement.
En observant ce qui se fait depuis dix ans pour l’assainissement des finances publiques et les investissements économiques au profit des populations, nous nous sommes dits qu’il ne faut pas arrêter le mouvement. Le Bénin a déjà commis cette erreur par le passé, en 1996, lorsque le président Soglo cédait le pouvoir. Le pays avait une croissance économique d’à peu près 7 %, puis nous avons décidé de changer, et les atermoiements ont repris jusqu’en 2016 avec l’arrivée de ce régime.
Nous n’allons pas refaire la même erreur. Pour nous, la continuité est importante.
C’est pourquoi nous avons choisi comme mot d’ordre de soutien : Continuité – Action – Progrès. Nous pensons qu’avec Romuald Wadagni, les progrès amorcés se poursuivront. Pour nous, les dix années passées constituent en fait une étape de préparation ; le moment est arrivé pour que nous puissions jouir pleinement de ce qui a été fait. Et pour cela, tout le monde doit être dans le rang. C’est aussi simple que ça.
C’est d’ailleurs pour cette raison que, durant cette campagne électorale, en dehors des petits porte-à-porte que nous faisons, nous allons organiser le mardi 7 avril une grande réunion publique pour convaincre davantage de monde et inciter les citoyens à aller voter le jour de l’élection présidentielle.
Comment comptez-vous mobiliser durablement la jeunesse et la société civile afin que l’engagement citoyen ne se limite pas uniquement aux périodes électorales ?
Le MCDD dispose de cellules très actives au sein de l’arrondissement de Savi. Ce sont des cellules qui se réunissent régulièrement et au sein desquelles nous développons des programmes spécifiques touchant aux intérêts et aux préoccupations de nos membres. L’objectif est d’agrandir ces cellules de femmes et de jeunes dans les temps à venir afin de porter notre engagement plus loin.
Propos recueillis par Le Béninois Libéré



