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Culture

Dans l’univers du plasticien Dahton Sovi : « Recycler, c’est sauver le monde »

Depuis l’avènement du système en place, le gouvernement béninois, dans sa volonté de révéler le Bénin au monde entier, a inscrit au rang des priorités le développement du secteur culturel. Afin de faire du tourisme un des grands leviers économiques du pays, de grandes actions sont menées dans le secteur pour le bonheur des acteurs, au nombre desquels figure Dahton Sovi, un artiste plasticien établi dans le centre du Bénin.

Amoureux de l’art depuis son jeune âge, nous a-t-il confié, Dahton est aujourd’hui l’un des talents qui écrivent, pour demain, l’histoire contemporaine du Bénin et de l’Afrique au moyen de leur imagination et de leurs œuvres. Spécialisé dans le recyclage, il s’est imposé pour mission de donner une nouvelle vie à tout ce qui a servi et que l’on jette dans la nature parce que jugé « inutile » aux yeux du commun. Pour lui, il n’y a pas meilleure stratégie aujourd’hui pour voler au secours de la nature que de donner une seconde vie aux objets usagers.

Achetés auprès des populations ou directement récupérés dans la nature, ces objets sortent toujours de son beau jardin d’art situé à Abomey, relookés et totalement valorisés. Un pneu usé, un ustensile de cuisine rouillé, un bidon d’huile percé et même un tronc d’arbre pourri sont toujours utiles pour transcrire une réalité ou exprimer une pensée, selon lui. Par son génie, il travaille à leur faire une place dans les salons, les jardins, les hôtels et même dans les bureaux.

Durant notre entretien, justifiant le choix de son modèle et les thématiques qu’il aborde, Dahton Sovi affirme que le recyclage est très passionnant parce qu’il procure la sensation d’être utile à son milieu de vie et qu’il met en équipe avec tous les éléments de la nature. « Il n’y a que ce travail pour te montrer que la rouille peut être une bonne chose, que l’homme peut travailler en étroite collaboration avec les termites et les rongeurs afin d’obtenir de belles œuvres », explique-t-il.

L’art contemporain, à ses dires, a de beaux jours devant lui au Bénin car les dirigeants auraient compris son importance et s’y investissent désormais comme il se doit. Cependant, il précise que les difficultés ne manquent pas : elles ont pour nom la pénibilité, les risques liés au recyclage et le manque de connaissance de l’utilité de l’art par un grand nombre de Béninois. À ce sujet, il estime que les gouvernants ont encore fort à faire et que cela doit commencer par la confiance qu’ils placeront en les artistes du pays. « Nous n’avons rien contre nos collègues des autres coins du monde, mais nous pensons que pour montrer la valeur de nos œuvres, cela doit commencer par nos gouvernants. »

Laurent Yovo

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