À quelques jours du Sommet présidentiel One Health prévu le 7 avril 2026 à Lyon, Galien Africa et son partenaire médiatique, le REMAPSEN, ont organisé, le 3 avril, un webinaire pour mobiliser des acteurs et des médias africains autour d’une approche intégrée santé-environnement-nutrition. Objectif : transformer les engagements en actions concrètes face aux crises globales.
Face à la multiplication des crises environnementales, climatiques et sanitaires dans les pays du Sud, l’approche One Health, qui lie santé humaine, animale et environnementale, s’impose progressivement comme une réponse structurante. À travers ce webinaire organisé en prélude au Sommet de Lyon, Galien Africa a réaffirmé l’engagement du continent à jouer un rôle moteur dans la promotion d’une santé durable et intégrée. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des travaux menés lors du Forum « One Sustainable Health for All » et du symposium de Lyon en novembre 2025, dont la déclaration appelle à des politiques publiques plus intégrées, à l’innovation et à une meilleure implication des communautés.
Dans son mot d’ouverture, la présidente de Galien Africa, Awa Marie Coll Seck, a insisté sur l’urgence de « passer des engagements à des actions concrètes », en soulignant la nécessité d’une mobilisation collective des États, des chercheurs et de la société civile.
Le premier panel, consacré à la gouvernance, a mis en lumière les défis liés à la coordination entre secteurs. Le Dr Adjaratou Diakhou Ndiaye, secrétaire permanente du Haut Conseil national de la Sécurité sanitaire One Health et coordinatrice du Programme de Sécurité sanitaire mondiale One Health Sénégal, a plaidé pour une meilleure articulation entre santé, environnement, nutrition et climat, tout en insistant sur l’importance d’une coopération intersectorielle efficace aux niveaux national et régional. Le directeur de l’Institut de Santé et Développement, chef du Service de Médecine préventive et de Santé publique (FMPO – Université Cheikh Anta Diop) et secrétaire général de Galien Africa, Ibrahima Seck, a quant à lui souligné que « la prévention doit être au cœur des politiques publiques », appelant ainsi à une approche anticipative des risques sanitaires.
Données et systèmes d’alerte
La question des données a occupé une place centrale dans les débats. Le Dr Naledzani Mudau, responsable des Produits et Services de Données à la South African National Space Agency et présidente de la Health Community Practice d’AfriGEO, a mis en avant le rôle des données géospatiales et des observations environnementales dans la surveillance des risques sanitaires et zoonotiques. Elle a insisté sur la nécessité pour les pays africains de renforcer leurs capacités en matière de collecte et d’analyse des données. Pour Gerry Gimaiyo de la Fondation Rockefeller, l’enjeu réside également dans l’accessibilité et le partage des données, afin de permettre des réponses rapides et coordonnées face aux crises.
Innovation et souveraineté sanitaire : des priorités africaines
Le troisième panel a abordé les enjeux liés à l’innovation. Francine Ntoumi, présidente de la Fondation congolaise pour la Recherche médicale, a défendu l’idée d’une souveraineté sanitaire africaine, reposant sur le développement de technologies adaptées aux réalités locales et sur la production locale de solutions de santé. Abondant dans le même sens, le chef du Département de Santé publique de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université Amadou Hampâté Ba, Issakha Diallo, a insisté sur le rôle de la recherche et de la formation dans la construction de systèmes de santé résilients.
Communautés, jeunes et femmes : des acteurs clés
L’importance de l’inclusion a été fortement soulignée lors du dernier panel. Salome Bukachi, professeur de recherche en anthropologie et directeur de l’Institut d’anthropologie, d’études de genre et d’études africaines de l’Université de Nairobi, a souligné le rôle central des communautés, des jeunes et des femmes dans la prévention des crises et le renforcement de la résilience. Il a plaidé pour une intégration plus systématique de ces acteurs dans les politiques One Health.
Vers des recommandations pour le Sommet de Lyon
Ce webinaire a permis de dégager plusieurs priorités pour l’Afrique, notamment : le renforcement des politiques publiques intégrées, l’amélioration des systèmes de données et d’alerte, la promotion de l’innovation locale, et l’inclusion des communautés dans les stratégies de santé. Les organisateurs ont salué la dynamique collective engagée, appelant à maintenir cette mobilisation pour faire de l’approche One Health un véritable levier de transformation des systèmes de santé en Afrique.
Au-delà des échanges, ce webinaire marque une étape importante dans la structuration d’une réponse africaine coordonnée aux crises globales. Il traduit la volonté du continent de passer d’une logique de déclaration à une mise en œuvre effective de solutions intégrées, durables et inclusives.



