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Politique

Affaire Kemi Seba : Derrière la rupture affichée, la stratégie trouble du Niger pour le soustraire à la justice béninoise

L’affaire Kemi Seba prend une dimension de plus en plus ambiguë, entre décisions officielles et soupçons de manœuvres diplomatiques. Si les autorités du Niger ont annoncé publiquement la rupture avec l’activiste , retrait de son passeport diplomatique, fin de ses fonctions et déclaration de persona non grata ,cette fermeté affichée pourrait en réalité masquer une stratégie plus complexe.

En coulisses, tout porte à croire que Niamey chercherait à garder la main sur le dossier en tentant de protéger Kemi Seba d’éventuelles poursuites engagées par le Bénin. L’une des pistes évoquées est celle d’une possible naturalisation nigérienne, qui lui offrirait une couverture diplomatique plus solide dans un contexte judiciaire tendu.
Une telle démarche soulève toutefois de sérieuses interrogations. En droit international, la règle est claire : c’est la nationalité au moment des faits qui fait foi. Ainsi, même si Kemi Seba venait à obtenir la nationalité nigérienne aujourd’hui, cela ne remettrait pas en cause sa responsabilité en tant que citoyen béninois au moment des faits qui lui sont reprochés.
Dès lors, une naturalisation dans ces circonstances pourrait être perçue comme une tentative de contournement des règles judiciaires, voire comme une forme de protection politique assumée. Ce type de pratique, souvent qualifié de « nationalité de complaisance », est généralement regardé avec méfiance par les juridictions, précisément parce qu’il vise à faire obstacle à des procédures légales.

Le rôle de l’Afrique du Sud sera déterminant. C’est en effet à Pretoria que se joue désormais une partie cruciale de ce dossier, avec une comparution annoncée pour le 20 avril. Les autorités sud-africaines devront trancher entre les demandes potentielles d’extradition et les pressions diplomatiques. Mais leur jurisprudence tend à écarter les changements de nationalité intervenus après les faits, afin d’éviter toute instrumentalisation.

Dans ce contexte, la posture du Niger interroge. Derrière une décision officielle de mise à distance, se dessine possiblement une volonté de protéger un allié politique, quitte à fragiliser les principes de coopération judiciaire régionale. Une attitude qui pourrait être perçue comme peu compatible avec les exigences de transparence et de respect de l’État de droit.

Au-delà du cas de Kemi Seba, cette affaire met en lumière un enjeu majeur pour la région : celui de la crédibilité des mécanismes judiciaires entre États. Car si la nationalité devient un outil de protection opportuniste, c’est l’équilibre même des relations juridiques et diplomatiques qui se trouve menacé.

Fallone CHABI-BONI

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