Face au faible développement des entreprises artisanales au Bénin, l’ONG MJCD a lancé le projet REA (Renforcement de l’Entrepreneuriat Artisanal). Soutenue par plusieurs partenaires techniques et financiers, cette initiative entend insuffler un nouvel esprit entrepreneurial chez les jeunes et les femmes afin de favoriser l’émergence d’une génération d’artisans capables de transformer leurs compétences en entreprises pérennes.
Le Bénin regorge de talents et de savoir-faire dans le secteur artisanal. Pourtant, selon le Dr Faustin Djakpa, directeur exécutif de l’ONG MJCD, ces compétences restent souvent confinées à de petites unités de services ou de production. À cet effet, du 15 au 17 avril 2026, une vingtaine de jeunes artisans, hommes et femmes, ont été formés aux principes essentiels de l’entrepreneuriat. Ces trois jours d’échanges ont porté sur le thème : « Les compétences fondamentales de la vie et l’identification de la bonne idée d’entreprise ».

L’ambition affichée est claire : faire émerger une nouvelle génération d’artisans entrepreneurs, avec un accent particulier sur les jeunes et les femmes, qui représentent la majorité de la population active. « Nous avons très peu d’entreprises artisanales au Bénin. Les artisans disposent du potentiel et des capacités, mais il existe une insuffisance de l’esprit entrepreneurial », explique le Dr Faustin Djakpa.
C’est pour répondre à ce défi qu’a été mis en place le projet REA, conçu par l’ONG MJCD avec le soutien technique du Réseau national de la société civile pour la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes (RENEJ), ainsi que l’assistance technique de l’Institut Félix. Le projet bénéficie par ailleurs du financement du Fonds de Développement de l’Artisanat (FDA).
Miser sur les jeunes et les femmes
Pour les initiateurs, agir tôt sur cette cible permet de façonner plus efficacement les mentalités et d’encourager l’adoption d’une véritable culture entrepreneuriale. « Avec les jeunes, il est encore possible d’agir facilement sur l’esprit et sur la dynamique entrepreneuriales », souligne le directeur exécutif.
Prévu sur une durée de cinq mois, le projet s’appuie sur une méthode déjà expérimentée : la stratégie 4-3-3, inspirée du RENEJ. Cette approche se décline en quatre étapes clés : le renforcement de l’esprit entrepreneurial et l’identification de l’idée d’entreprise ; l’étude de faisabilité et l’élaboration du plan d’affaires ; la mobilisation des ressources et la mise en œuvre du projet ; puis le développement, la croissance et la pérennisation de l’entreprise.
Habituellement, chaque phase comprend trois jours de formation et trois mois d’accompagnement. Toutefois, compte tenu de la durée réduite du projet, le coaching a été ramené à un mois entre les différentes vagues de formation.
Changer les mentalités pour créer l’effet boule de neige
Au-delà des compétences techniques, le projet vise une véritable transformation du mindset des bénéficiaires. L’objectif est d’amener les jeunes et les femmes à percevoir autrement les opportunités, à adopter des comportements propices à la réussite et à devenir des modèles dans leurs communautés. « Nous souhaitons une métamorphose des bénéficiaires », insiste le Dr Djakpa.
À terme, les promoteurs espèrent qu’un effet d’entraînement se produira autour des participants. « Lorsque ceux-ci commenceront à obtenir de meilleurs résultats, leur entourage sera naturellement amené à s’y intéresser, créant ainsi un effet boule de neige favorable à l’entrepreneuriat local », a notifié Amoussou Coffin Segla, coach formateur du RENEJ Bénin.

Les participants interrogés n’ont pas manqué d’exprimer leur gratitude à l’endroit des initiateurs du projet REA et promettent déjà de partager les connaissances acquises. La confiance en soi, la culture de l’audace et la gestion du risque sont les piliers essentiels qui ont retenu l’attention de plus d’un.
Le directeur exécutif de MJCD rêve d’une transformation à la fois personnelle et collective. Pour lui, chaque individu détient un potentiel qui doit être mis au service de son développement, de sa communauté et du pays.
« Il faut cesser d’être un problème pour soi-même ou pour sa communauté, et devenir une solution pour soi-même et pour les autres », conseille-t-il.
Après ces trois jours de formation, le mentorat se poursuivra jusqu’à la concrétisation des projets des participants, qui représentent la relève des futurs formateurs entrepreneuriaux.
Gloria AKOAKOU



