À Parakou, le temps semble suspendu depuis l’annonce du décès de Fariath Alaza Orou Barè. Huit jours après sa disparition brutale, survenue le 17 avril 2026, la douleur reste intacte, vive, presque palpable. Dans les familles, dans les cercles d’amis, comme au sein de la communauté, son souvenir habite encore les esprits, chargé d’émotion et de silence.

Ce samedi 25 avril, la mosquée centrale de Yéboubéri, à Parakou, est devenue le cœur battant du recueillement. Sous un ciel calme, fidèles, parents, autorités politico-administratives et figures religieuses s’y sont réunis pour une grande prière en mémoire de la défunte. Dans cette atmosphère empreinte de gravité, les mots se faisaient rares, laissant place à l’essentiel : la prière, la foi et la solidarité.
La cérémonie, dirigée par le président de l’Union islamique du Bénin, El Hadj Boukary Idrissou, a rassemblé de nombreux imams et leaders religieux. Tous, dans une même ferveur, ont élevé leurs voix pour implorer la miséricorde divine et confier l’âme de la disparue à la grâce du Très-Haut.
Dans son sermon, l’imam a rappelé avec gravité la fragilité de la condition humaine et l’inéluctabilité de la mort. Un message simple, mais d’une résonance particulière en ce moment de deuil.
Au-delà de la prière, c’est toute une nation qui a tenu à témoigner sa compassion. La forte mobilisation des autorités en disait long sur l’estime portée à la défunte et sur le soutien apporté à son époux, le ministre conseiller Rachidi Gbadamassi. Parmi les personnalités présentes figuraient notamment la vice-présidente du Bénin, Mariam Chabi Talata, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Barthélémy Kassa, le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, élus et cadres de l’administration.
À leurs côtés, des proches venus du Nigeria, des autorités locales et des têtes couronnées, dont Sa Majesté Akpaki Gobi Gninsè, ont tenu à être présents. Une affluence remarquable, reflet d’un attachement sincère et d’un respect partagé.

Dans les rangs de l’assistance, les regards parlaient plus que les mots. Certains, perdus dans leurs pensées, semblaient revivre des instants passés avec la disparue ; d’autres, le visage fermé, portaient une douleur silencieuse. Du côté de la famille Orou Barè, l’émotion était à son comble. Les mots manquaient pour dire l’ampleur de la perte.

Tour à tour, représentants religieux, proches et autorités ont exprimé leurs condoléances, saluant la mémoire d’une femme décrite comme généreuse, discrète et profondément digne. Une personnalité respectée, dont la simplicité et l’humanité continueront de marquer ceux qui l’ont connue.
Au nom du gouvernement, un hommage appuyé lui a été rendu, soulignant une vie empreinte de valeurs et de retenue. Des mots qui ont trouvé un écho dans l’assemblée, comme pour prolonger la présence de celle qui n’est plus.

Au centre de toutes les attentions, Rachidi Gbadamassi est apparu digne, mais profondément éprouvé. Derrière la retenue, la douleur affleure, discrète mais réelle. Une peine intime, à la mesure du lien qui l’unissait à son épouse.
Car si la mort a brisé une présence, elle n’a pas effacé l’essentiel. À Parakou, comme dans le cœur de ses proches, Fariath Orou Barè continue de vivre à travers les souvenirs, les prières et les traces laissées par son passage.

Dans le silence du recueillement, une certitude demeure : certains liens, nourris par l’amour et la foi, transcendent l’absence et défient le temps.
Fallone CHABI-BONI


