Le Béninois Libéré
Image default
Société

Corruption au commissariat : le policier qui vendait la liberté risque la case prison

Le parquet spécial a requis, ce lundi 4 mai 2026, une peine de cinq ans de prison, dont trois ferme, contre un agent du commissariat d’Akassato. Ce dernier est soupçonné d’avoir libéré un présumé cybercriminel moyennant une somme de 500 000 FCFA.

C’est une affaire qui ébranle les rangs des forces de l’ordre béninoises. Devant la Chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), un policier du commissariat d’Akassato a vu le parquet requis contre lui une lourde peine. Les faits remontent au mois de février dernier. En échange d’une somme de 500 000 FCFA, l’agent aurait libéré un individu soupçonné de cybercriminalité, récemment interpellé.

Lors de l’audience de lundi, le ministère public s’est montré intraitable à l’encontre du principal prévenu. Réquisitoire : cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme, assortis d’une amende d’un million de francs CFA. Le parquet a fondé ses accusations sur l’abus de fonction, l’agent ayant usé de sa position pour monnayer la liberté d’un présumé délinquant.

Une policière relaxée, deux civils poursuivis pour stupéfiants

En revanche, la policière impliquée dans le même dossier bénéficie d’une requête en relaxe pure et simple. Selon le magistrat, l’analyse des communications téléphoniques n’a pu établir sa participation directe à la transaction financière. Il a également souligné que cet agent, récemment intégrée dans le corps, occupait une position subalterne dans la chaîne de commandement. La jeune femme a toutefois reconnu avoir reçu 50 000 FCFA d’un collègue, précisant avoir cru à une cotisation interne. Elle affirme avoir restitué la somme dès qu’elle en a compris la provenance frauduleuse.

Par ailleurs, deux civils poursuivis dans la même procédure pour détention et usage de chanvre indien ont écopé des réquisitions suivantes : 24 mois d’emprisonnement, dont six mois ferme, ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA chacun.

La défense conteste et plaide la relaxe

Face à ces réquisitions, les avocats de la défense ont plaidé la relaxe pour l’ensemble des prévenus, contestant la matérialité des charges retenues. À la barre, le présumé cybercriminel lui-même a relaté les faits : proposant d’abord une somme d’argent dès son arrestation, il aurait vu cette offre rejetée, avant qu’un arrangement ne se conclue une fois au commissariat. Selon lui, l’argent a ensuite été réparti entre certains agents, sans l’aval du commissaire principal.

Placés en détention provisoire depuis le 18 février 2026, les quatre accusés avaient comparu pour la première fois le 2 mars dernier. À l’issue des débats de ce lundi, la CRIET a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le lundi 15 juin 2026.

François D’Assise BATCHOLA

Articles Similaires

Diplomatie : Les sujets d’échanges entre le Ministre Bakari et l’Ambassadrice du Brésil près le Bénin

Akkilou YACOUBOU

Bénin : Le préfet de l’Alibori déclare la guerre à la chicha dans les maquis et lieux publics

Akkilou YACOUBOU

Emission « The Bachelor Afrique Francophone » sur Canal+ : Une honte pour la femme africaine

Akkilou YACOUBOU

Laisser un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Le Béninois Libéré

GRATUIT
VOIR