Du 5 au 7 mai 2026, Plan International Bénin a organisé un atelier de formation à l’intention des journalistes et des patrons de presse. L’atelier, qui s’est déroulé sur plusieurs sessions, ne s’est pas contenté de rappeler les généralités sur le VIH. Il a plongé les participants au cœur des problématiques de l’égalité de genre, de l’inclusion et des droits humains.
Comment parler du VIH en 2026 sans blesser, sans exclure, et surtout avec efficacité ? C’est à ce défi qu’a répondu Plan International Bénin en réunissant à Azovè les professionnels des médias (presse écrite, radio, télévision) pour une session de renforcement de capacités. Pour les organisateurs, le journaliste ne doit plus être un simple rapporteur de faits, mais un vecteur de changement, capable de produire des articles « engagés, inclusifs et respectueux des droits ».
Au terme de la formation, l’un des facilitateurs a partagé ses impressions sur cette démarche participative. Si la prévalence du VIH stagne au sein de la population générale au Bénin, elle reste préoccupante parmi certains groupes dits « populations clés », tels que les travailleurs du sexe ou les personnes transgenres.
Le constat est sans appel : la stigmatisation demeure le principal obstacle à l’accès aux soins. « Si ces personnes continuent d’être discriminées, elles n’auront pas accès au dépistage ni à la prise en charge », a martelé le facilitateur lors de l’interview. En conséquence, le risque de propagation persiste, menaçant l’atteinte des objectifs 95-95-95 fixés par le Bénin pour 2030.
Durant trois jours, les participants ont alterné entre travaux de groupe sur l’orientation sexuelle, exploration du genre en tant que catégorie sociale, et analyse de la nouvelle législation, notamment la loi n° 2026-02 du 9 février 2026 sur le VIH. L’appel lancé aux journalistes est désormais celui de la responsabilité. En partageant des informations claires et en déconstruisant les préjugés qui empêchent les populations vulnérables de se soigner, la presse peut « apporter sa pierre à l’édifice » pour bouter le VIH hors du Bénin.
L’atelier s’est achevé sur une note d’espoir, avec des professionnels des médias désormais mieux armés pour traiter ces sujets avec la sensibilité et la rigueur qu’impose l’urgence sanitaire.
Jean De Dieu TRINNOU



