(Le président Talon comme seul sauveur du développement)
Le président Talon est fort. En réalité, il n’y en a pas deux comme lui en Afrique à la tête d’un État. Et pour cause, le développement amorcé par le Bénin depuis 2016 a toutes les chances de se poursuivre, voire de s’intensifier. C’est ce qu’a programmé le visionnaire président Patrice Talon en choisissant Romuald Wadagni comme successeur à la tête du pays.
Le président Talon ne voulait pas d’un politique pour la politique. Le Bénin n’en a pas besoin. Le pays a plutôt besoin d’un technicien du travail et du développement. Voilà ce qui a milité en faveur de Romuald Wadagni, bien qu’il soit le plus contesté, voire détesté, par ses collègues du gouvernement.
Le considérant comme l’exécutant sans état d’âme des réformes engagées par le président Talon, plusieurs de ses collègues ne lui accordaient aucune grâce et le dénigraient même en privé. Mais aucun d’eux ne pouvait le manifester ouvertement en Conseil des ministres. Tous redoutaient le feu brûlant, Patrice Talon. Ils ne pouvaient critiquer le lionceau devant sa mère, dont il a hérité de certains traits de caractère.
C’est dans ce climat que le président élu a été adoubé par Patrice Talon, malgré une opposition silencieuse à son choix pour porter les couleurs de la mouvance présidentielle.
Aujourd’hui, le désir de rester aux affaires, de conserver privilèges, intérêts et avantages, pousse plusieurs collègues de l’actuel ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, également président élu du Bénin, à changer brusquement de couleurs. Tous sont soudainement devenus des soutiens affichés de Romuald Wadagni, jusque dans leur discours, leur posture et même leur ADN.
C’est du moins l’image qu’ils montrent au président Talon, dans l’espoir d’endormir sa vigilance afin d’être reconduits dans le prochain gouvernement. Une symbiose de façade destinée à calmer les soupçons et la méfiance du président Talon afin de préserver leurs positions.
Dans cette conjoncture, le président élu lui-même n’a presque pas son mot à dire. Il soutiendra avec conviction la volonté de celui à qui il doit son ascension politique. Mais il connaît aussi très bien ses collègues et sait de quoi certains seraient capables en l’absence du président Talon, l’homme fort du système.
Face à cette situation, certains Béninois estiment que ces ministres devraient simplement démissionner collectivement afin de faciliter la tâche au président Talon. Ce serait, selon eux, un acte de dignité et de cohérence sinon de justice.
Aboubakar TAKOU



