Le parti au pouvoir au Sénégal, PASTEF, pose ses exigences avant toute participation au prochain gouvernement dirigé par le nouveau Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo.
Quelques jours après la nomination du chef du gouvernement et l’élection de Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale, les discussions autour de la composition de la future équipe gouvernementale se poursuivent dans un climat de négociations politiques.
Le PASTEF réclame un accord politique clair
Dans un communiqué publié mardi soir, le Comité exécutif du PASTEF a confirmé avoir été approché par la présidence dans le cadre des consultations en vue de la formation du gouvernement.
Le parti affirme être ouvert à une collaboration « franche et responsable », mais exige plusieurs garanties avant toute participation. Parmi ses priorités figurent le respect du programme politique du PASTEF, la poursuite des renégociations des contrats stratégiques ainsi que le renforcement de la lutte contre la corruption et les circuits financiers opaques.
Le dossier de la dette publique constitue également un point sensible. Le parti demande qu’un consensus politique soit trouvé avant toute éventuelle restructuration de la dette sénégalaise.
Le parti refuse les négociations individuelles
Autre condition majeure posée par le mouvement dirigé par Ousmane Sonko : aucun membre du PASTEF ne devra être approché individuellement pour intégrer le gouvernement.
« On négocie en bloc, et on rejoint en bloc le gouvernement », a déclaré Ansoumana Sambou, membre du Comité exécutif du parti. Une position destinée, selon les responsables du mouvement, à préserver l’unité du parti et la cohérence de son projet politique.
Le PASTEF souhaite également être associé directement à la répartition des portefeuilles ministériels au sein du futur gouvernement.
Une cohabitation politique désormais incontournable
Du côté de la présidence sénégalaise, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée face aux exigences du parti.
Mais avec l’arrivée d’Ousmane Sonko au perchoir de l’Assemblée nationale grâce à une large majorité parlementaire, le président Bassirou Diomaye Faye dispose désormais d’une marge de manœuvre limitée pour gouverner sans une entente politique avec le PASTEF.
Cette nouvelle séquence politique confirme ainsi l’installation d’une cohabitation de fait au sommet de l’État sénégalais.
François D’Assise BATCHOLA



