C’est une prise de parole attendue. Alors que l’ultimatum du 30 juin posé par les groupes militant contre l’immigration illégale se rapproche, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, s’est exprimé devant la nation ce dimanche soir 7 juin. Dans un discours de près de 30 minutes, il a tenté de rappeler les politiques déjà mises en œuvre pour répondre à la colère des citoyens, tout en dénonçant des forces « déstabilisatrices ».
Des violences qui ont fait au moins cinq morts
Les manifestations xénophobes se sont multipliées ces dernières semaines en Afrique du Sud. Selon la présidence du Mozambique, ces violences ont causé la mort de cinq de ses ressortissants. Face à un climat de tension croissante, Cyril Ramaphosa a appelé au calme et à la retenue.
« Le peuple sud-africain n’est pas xénophobe »
Le chef de l’État a tenu à rappeler les valeurs de la nation sud-africaine : « Nous savons que le peuple sud-africain n’est pas xénophobe. Il n’y a aucune place pour la xénophobie, le racisme, le sexisme, l’afrophobie ou toute autre forme d’intolérance. »
Il a mis en garde contre ceux qui cherchent à exploiter les préoccupations légitimes des citoyens : « Nous n’autoriserons pas que des groupes utilisent les préoccupations légitimes de nos concitoyens pour déstabiliser le pays et inciter au repli sur soi et à la violence. »
Des mesures fortes annoncées
Sur le fond, Cyril Ramaphosa a annoncé plusieurs mesures concrètes : le renforcement du contrôle aux frontières, la surveillance accrue des entreprises qui embauchent des sans-papiers, la modernisation du système d’immigration, ainsi que la mise en place de tribunaux spécialisés pour accélérer les procédures d’expulsion des migrants en situation irrégulière. Les sanctions contre les employeurs qui enfreindraient la loi sur l’immigration seront également renforcées, allant jusqu’à des peines d’emprisonnement.
Une pression politique à cinq mois des municipales
Ces pressions mettent le président sud-africain et son parti, l’ANC, au pied du mur : impossible de rester sans réagir, surtout à cinq mois des élections municipales, rapporte notre correspondante à Johannesburg, Claire Bargelès.
Par ailleurs, le ministre sud-africain des Affaires étrangères a dénoncé, ce week-end, ce qu’il qualifie de « spectacles publics » de la part du Ghana, qui a rapatrié des centaines de ses ressortissants à grand renfort de communication médiatique.



