Le Niger a adopté un nouveau code pénal qui criminalise explicitement l’homosexualité et plusieurs pratiques liées à la communauté LGBT+. Promulgué par les autorités du général Abdourahamane Tiani, ce texte prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.
Selon les nouvelles dispositions, toute personne reconnue coupable d’avoir entretenu des relations sexuelles avec une personne du même sexe ou d’avoir tenté de le faire risque une peine de cinq à dix ans de prison. Une amende pouvant atteindre 100 millions de francs CFA est également prévue.
Le texte vise également les personnes LGBTQIA+ et sanctionne certaines pratiques que les autorités considèrent comme contraires aux valeurs sociales du pays. Les mesures les plus sévères concernent les unions entre personnes de même sexe. Les auteurs de tels mariages s’exposent désormais à des peines allant de dix à vingt ans de prison.
Les mêmes sanctions pourront être appliquées aux personnes impliquées dans le financement, la gestion ou la promotion d’organisations défendant les droits des minorités sexuelles.
Cette réforme marque un tournant important dans la législation nigérienne. Jusqu’à présent, l’homosexualité n’était pas formellement interdite par la loi dans le pays.
Depuis son arrivée au pouvoir après le coup d’État de juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani défend une politique fondée sur la souveraineté nationale et la préservation des valeurs culturelles et sociales du Niger. Les autorités dénoncent régulièrement ce qu’elles considèrent comme des tentatives d’ingérence occidentale dans les choix de société des États africains.
Avec cette nouvelle loi, le Niger rejoint plusieurs pays du continent ayant adopté des mesures restrictives à l’égard des minorités sexuelles.
Fallone CHABI-BONI



