C’est une publication qui glace le sang. Le chef de l’armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba – également fils du président Yoweri Museveni, 81 ans dont 40 au pouvoir – s’est vanté, photo à l’appui, de l’enlèvement d’un avocat et opposant qui voulait le poursuivre en justice. Sur le réseau social X, il a annoncé les tourments à venir pour son prisonnier.
« Je suis fier de toute la souffrance et la douleur »
« Je suis fier de toute la souffrance et la douleur que je vais infliger au criminel Lukwago », a écrit Muhoozi Kainerugaba sur son compte suivi par 1,3 million d’abonnés. La publication est assortie d’une photo de l’infortuné, vêtu d’un tee-shirt blanc. « Il n’arrête pas de dire « je suis désolé, je suis désolé », mais ça ne lui servira à rien, maintenant », poursuit-il, un brin moqueur.

Considéré comme l’un des principaux opposants à Yoweri Museveni, Erias Lukwago est aussi l’avocat de Kizza Besigye, détenu et en attente de son procès depuis son enlèvement au Kenya en 2024. La famille de Besigye accuse l’État ougandais de le torturer. Lukwago s’apprêtait à signifier des documents juridiques en rapport avec cette affaire lorsqu’il a été enlevé chez lui par des hommes armés, selon ses proches.
« C’est le régime d’Amin qui renaît »
La femme d’Erias Lukwago n’a pas mâché ses mots devant les journalistes : « C’est le régime d’Amin qui renaît avec Muhoozi », en référence au dictateur Idi Amin Dada qui a dirigé l’Ouganda dans les années 1970.

Connu pour ses publications incendiaires en ligne, Muhoozi Kainerugaba – qui est aussi chef des forces de défense ougandaises – semble agir en toute impunité, comme si la fonction et le nom de famille le plaçaient au-dessus des lois. Une situation qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire du pays.



