Jusqu’à quand allons-nous courber l’échine devant le diktat de cette multinationale drapée dans son arrogance ? Jusqu’à quand laisserons-nous Canal+ transformer le Bénin en un vulgaire comptoir où nos propres images, notre propre culture et notre souveraineté médiatique sont prises en otage ? Ce qui se joue sous nos yeux n’est plus une simple affaire commerciale, c’est un braquage à ciel ouvert, une insulte quotidienne au principe sacré du Must-Carry.
Qu’est-ce que le Must-Carry ?
C’est l’obligation légale, morale et absolue pour tout distributeur de s’effacer devant l’intérêt public en diffusant gratuitement et sans condition les chaînes nationales. C’est la règle d’or partout dans le monde. Mais au Bénin, Canal+ s’en moque éperdument. Ce géant commercial a décidé que pour regarder Bénin TV, pour écouter le message du chef de l’État ou suivre l’actualité de nos régions, le citoyen béninois doit d’abord passer à la caisse.
Comment accepter que sur la terre de Béhanzin, un opérateur étranger s’arroge le droit de couper le signal de nos chaînes locales dès qu’un abonnement expire ? Un décodeur branché, même sans un centime de crédit, doit diffuser les images du Bénin. Conditionner l’accès à nos propres médias à l’achat d’un forfait mensuel, c’est une prise d’otages de l’information que nous ne pouvons plus tolérer.
Face à cette provocation qui n’a que trop duré, le gouvernement du Bénin, avec à sa tête le président Romuald Wadagni, est attendu au tournant. Il faut taper du poing sur la table, et fort. Le régime de la rupture doit sonner la fin de la récréation pour Canal+. Le gouvernement a le droit et l’obligation d’imposer un rapport de force à Canal+. Il ne s’agit plus de négocier ou de demander. Il s’agit de contraindre. L’arsenal juridique existe, le principe du Must-Carry doit être appliqué à la lettre, par la force s’il le faut. Zéro franc pour les chaînes béninoises sur tous les décodeurs, un point c’est tout.
Canal+ s’engraisse sur le dos des Béninois tout en crachant sur nos lois. En privatisant le droit constitutionnel à l’information nationale, ce géant aux pieds d’argile franchit la ligne rouge. Le peuple béninois n’est pas un bétail qu’on tond en silence. Que Canal+ respecte la terre qui le nourrit ou qu’il plie bagage. Libérez nos chaînes, appliquez le Must-Carry sans délai.



