Le Zimbabwe s’engage dans une importante réforme politique. Le Sénat a adopté, mercredi 24 juin 2026, une révision constitutionnelle qui prolonge de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa et modifie plusieurs dispositions du système électoral du pays.
Réunis en séance plénière, les sénateurs ont largement approuvé le texte avec 75 voix pour contre seulement 4 voix contre. Cette adoption intervient après le feu vert déjà donné par l’Assemblée nationale et ouvre désormais la voie à la promulgation de la réforme par le chef de l’État.
Grâce à cette modification constitutionnelle, Emmerson Mnangagwa, au pouvoir depuis novembre 2017 après la chute de Robert Mugabe, pourra rester à la tête du Zimbabwe jusqu’en 2030. Les autorités présentent cette mesure comme un moyen de renforcer la stabilité politique et institutionnelle du pays.
Mais la réforme ne se limite pas à la prolongation du mandat présidentiel. Elle prévoit également un changement majeur dans le mode de désignation du chef de l’État. Si le texte entre en vigueur, le président ne sera plus élu au suffrage universel direct. Il sera désormais choisi par les parlementaires.
Le mandat des députés sera lui aussi prolongé de deux années, renforçant davantage le rôle du Parlement dans le fonctionnement des institutions nationales.
Cette réforme suscite toutefois une vive contestation au sein de l’opposition. Plusieurs responsables politiques dénoncent une remise en cause des principes démocratiques et accusent le pouvoir de chercher à consolider son contrôle sur les institutions.
Certains opposants qualifient même cette révision de « coup d’État constitutionnel ». Ils affirment que des pressions et des intimidations auraient accompagné le processus d’adoption du texte, citant notamment l’arrestation, en mars dernier, de Tendai Biti, ancien ministre des Finances et figure de l’opposition.
Alors que le pays s’apprête à tourner une nouvelle page de son histoire politique, le débat reste vif entre les partisans de la réforme, qui évoquent la stabilité, et ses détracteurs, qui craignent un recul démocratique.
Fallone CHABI-BONI



