L’annonce d’un projet de référendum constitutionnel en Guinée-Bissau par le chef de la mission de médiation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) suscite une vive controverse sur la scène politique bissau-guinéenne. Une partie de l’opposition accuse l’organisation sous-régionale de s’immiscer dans les affaires internes du pays.
Les critiques font suite aux déclarations du ministre sierra-léonais des Affaires étrangères, Timothy Kabba, qui conduit la mission de médiation de la CEDEAO à Bissau. Celui-ci a évoqué la possibilité d’un référendum sur une nouvelle Constitution, une annonce qui a provoqué de nombreuses réactions au sein de la classe politique.
Dans un communiqué, le camp de l’opposition, notamment les partisans de Fernando Dias da Costa, a dénoncé une « ingérence inadmissible » de la CEDEAO. Il estime que l’organisation régionale sort du cadre de sa mission de médiation en se prononçant sur une réforme constitutionnelle sans consensus national.
L’opposition reproche également à la CEDEAO de dialoguer principalement avec les autorités de transition, sans associer l’ensemble des acteurs politiques au processus de discussion. Elle appelle l’organisation à préserver sa neutralité afin de favoriser une sortie de crise inclusive.
Cette nouvelle polémique intervient dans un contexte politique toujours marqué par les conséquences de la crise institutionnelle qui secoue la Guinée-Bissau depuis plusieurs mois, alors que les efforts de médiation régionale se poursuivent pour favoriser un retour durable à la stabilité.
Moubarak ALI YERIMA



