Dans une sortie qui n’est pas passée inaperçue auprès des diplomates européens, le président américain Donald Trump a réaffirmé son profond désamour pour l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), allant jusqu’à confesser son absence d’enthousiasme pour le dernier sommet de l’Alliance.
« Je ne voulais pas y aller », a lancé le locataire de la Maison-Blanche, avant de nuancer son propos en expliquant que sa présence sur place n’était due qu’à un seul facteur : le lieu de la réunion. Selon lui, c’est uniquement grâce à l’insistance et au poids politique du président turc Recep Tayyip Erdogan qu’il a finalement accepté de faire le voyage.
Loin des critiques qu’il réserve habituellement aux capitales européennes, Trump a réservé un accueil chaleureux à son homologue anatolien, qu’il a qualifié tour à tour d’« ami », de « leader extrêmement fort » et de « personnalité très puissante ». Un contraste saisissant avec les réprimandes répétées qu’il adresse aux autres dirigeants de l’Alliance, souvent accusés de ne pas participer équitablement au financement de la défense commune.
Cette prise de position illustre avec éclat la relation privilégiée que le président américain entretient avec son homologue turc, tout en exposant au grand jour les fissures persistantes au sein de la coalition atlantique. Pour une majorité d’observateurs, ces déclarations intempestives pourraient bien compromettre un peu plus la cohésion de l’OTAN, alors que l’organisation fait déjà face à un environnement géopolitique des plus instables.
Yédiya ALLOTCHEMEY



