Le Gabon a décidé de ne pas renouveler son accord de pêche avec l’Union européenne, arrivé à expiration le 28 juin 2026. Cette décision met fin à près de vingt ans de partenariat autorisant les navires européens, principalement espagnols et français, à exploiter les ressources halieutiques des eaux gabonaises.
À travers ce choix, les autorités gabonaises entendent renforcer la souveraineté du pays sur ses ressources marines et accroître les retombées économiques du secteur. Selon le gouvernement, les accords précédents ne permettaient au Gabon de bénéficier que d’une faible part de la valeur générée par l’exploitation de ses ressources, les captures étant essentiellement transformées en Europe.
Libreville ambitionne désormais de développer une véritable industrie locale de transformation du thon, l’une des principales ressources halieutiques du pays. Cette stratégie vise à créer davantage d’emplois, stimuler l’investissement et accroître la valeur ajoutée produite sur le territoire national.
Cette décision s’inscrit dans un contexte où plusieurs États africains réévaluent leurs accords de pêche afin de mieux protéger leurs intérêts économiques et leur souveraineté sur les ressources naturelles.
Le gouvernement devra toutefois relever plusieurs défis, notamment le renforcement de la surveillance maritime, la gestion durable des stocks de poissons et l’attraction d’investissements pour développer les infrastructures de transformation. De son côté, l’Union européenne s’est déclarée disposée à engager de nouvelles discussions en vue d’un partenariat plus équilibré.
François D’Assise BATCHOLA



