La lutte contre le paludisme s’intensifie au Bénin. Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) Bénin a organisé, mercredi 8 juillet 2026, la cinquième édition de son « Rendez-vous du REMAPSEN ». Cette rencontre a réuni des journalistes et des volontaires du Corps des Jeunes ALMA (African Leaders Malaria Alliance) autour des défis et des progrès enregistrés dans l’implication des jeunes pour l’élimination du paludisme au Bénin.
Animée par Biram Rito Amouzounvi, représentant pays du Corps des Jeunes ALMA au Bénin, la session, placée sous le thème « L’engagement des jeunes vers l’élimination du paludisme : défis et progrès du Corps des Jeunes ALMA au Bénin », a permis de mettre en lumière les actions menées par cette organisation de jeunes leaders engagés. À travers le Benin Malaria Youth Corps (BMYC), une initiative de l’African Leaders Malaria Alliance (ALMA), ces jeunes s’investissent dans le plaidoyer, la communication et des actions fondées sur des données probantes, en partenariat avec plusieurs acteurs nationaux et internationaux.
Au cours des échanges, Biram Amouzounvi a souligné que le principal défi reste le changement des comportements, notamment en ce qui concerne l’utilisation systématique des moustiquaires imprégnées d’insecticide. « C’est très difficile de faire changer une habitude à quelqu’un. Mais plus nous sensibilisons les populations et insistons sur les conséquences du paludisme, plus elles sont susceptibles d’adopter les bons comportements, » a-t-il expliqué.

Une sensibilisation adaptée aux réalités locales
Pour le représentant pays du Corps des Jeunes ALMA, la sensibilisation constitue le principal levier de prévention. L’organisation développe des messages ciblés sur l’utilisation correcte et l’entretien des moustiquaires, tout en les adaptant aux réalités linguistiques des différentes communautés. « Lorsque nous intervenons dans des localités où l’on parle dendi, bariba ou d’autres langues nationales, nous nous faisons accompagner par des personnes capables de transmettre efficacement les messages, » a précisé Biram Amouzounvi. En complément des actions de terrain, ces campagnes sont relayées sur les réseaux sociaux afin d’atteindre un public plus large, notamment les jeunes.
Assainissement et mobilisation communautaire
La prévention du paludisme ne repose pas uniquement sur l’utilisation des moustiquaires. Elle passe également par l’assainissement du cadre de vie. « Le premier comportement est que chacun dorme chaque nuit sous une moustiquaire. Ensuite, il faut empêcher la prolifération des moustiques en éliminant les eaux stagnantes et tous les objets pouvant retenir l’eau, » a rappelé le responsable du Corps des Jeunes ALMA.
Les volontaires multiplient ainsi les actions de proximité auprès des communautés pour sensibiliser les ménages à l’élimination des gîtes larvaires, notamment les flaques d’eau et les pneus usagés. Les femmes et les enfants, particulièrement vulnérables face au paludisme, demeurent les principales cibles de ces campagnes. Selon Biram Amouzounvi, les résultats obtenus sont déjà encourageants. En seulement cinq jours de campagne, plus de 9 000 personnes ont été directement sensibilisées, dont plus de 2 000 dans la Donga et plus de 3 000 dans l’Atacora. Sur les plateformes numériques, les messages diffusés auraient touché près de 35 000 personnes.
Des défis persistants malgré des résultats encourageants
Malgré cette dynamique, le Corps des Jeunes ALMA doit composer avec des moyens financiers limités et la disponibilité parfois réduite de ses volontaires. Fonctionnant essentiellement grâce au volontariat, l’organisation affirme avoir déjà délivré plus de 150 ordres de mission à de jeunes bénévoles depuis son implantation au Bénin. Afin de renforcer son efficacité, elle développe également des partenariats avec les institutions publiques, les autorités sanitaires locales et les relais communautaires. Cette collaboration vise à améliorer la diffusion des messages de prévention et à renforcer les interventions dans les zones les plus exposées.
S’appuyant sur l’exemple du Cap-Vert, devenu en 2024 le troisième pays de la Région africaine de l’OMS à être certifié exempt de paludisme, Biram Amouzounvi estime que le Bénin peut également atteindre cet objectif. Pour lui, l’élimination du paludisme ne dépend pas uniquement des pouvoirs publics ou des professionnels de santé. Elle exige une mobilisation collective, impliquant les jeunes, les communautés, les médias et l’ensemble des citoyens autour de comportements durables de prévention.



