Un vent d’espoir souffle sur la protection de l’environnement au Bénin. Ce mardi 14 juillet 2026, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la loi portant Code des forêts et de la faune, un texte qui marque un tournant décisif dans la préservation du patrimoine naturel du pays. Le ministre du Cadre de vie et des Transports, Georges Alé, a salué cette avancée historique, soulignant la portée des innovations apportées par ce nouveau cadre législatif.
Un constat alarmant et une urgence législative
La session plénière, présidée par le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou, a été l’occasion de prendre la pleine mesure de la crise écologique qui menace le Bénin. Selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le pays perd en moyenne 60 000 hectares de forêts chaque année. Un chiffre vertigineux qui a convaincu les députés de la nécessité d’une refonte globale du cadre juridique, l’ancienne loi du 2 juillet 1993 ayant montré ses limites face aux défis contemporains.
L’émergence de nouvelles pressions anthropiques, les dérèglements climatiques et les engagements internationaux du Bénin ont imposé une mise à niveau. Le gouvernement a ainsi initié ce projet de loi à travers le décret de transmission du 5 novembre 2025, aboutissant à l’adoption d’un texte ambitieux de 318 articles, répartis en 31 chapitres et 8 titres.
Des innovations majeures pour une gestion moderne des forêts et de la faune
Présenté par la Commission du plan dirigée par le député Joseph Anani, le nouveau code se distingue par son caractère novateur. Parmi les mesures phares, la création d’un observatoire national de gestion et de suivi des forêts, le recours à l’intelligence artificielle pour lutter contre l’exploitation illégale et le braconnage, et l’actualisation des limites des forêts classées.
Lors des débats, les députés Claudine Prudencio, Alexandre Sohou et Eugénie Kouana ont salué l’ambition du gouvernement. Le texte prévoit également la relocalisation des populations installées dans les espaces forestiers protégés, l’intégration des pistes forestières au réseau routier classé de l’État, et l’introduction de sanctions spécifiques contre l’utilisation des forêts à des fins terroristes. La coopération régionale et l’éducation citoyenne à la protection de l’environnement sont également renforcées.
Georges Alé : « Une loi qui donne le ton pour une législature tournée vers l’efficacité »
Les ministres Yvon Détchénou (Justice et Législation) et Georges Alé (Cadre de vie et Transports) ont apporté des réponses détaillées aux préoccupations des parlementaires. Le ministre Georges Alé, dont le département est directement concerné par ces enjeux, a particulièrement insisté sur la portée des innovations contenues dans le texte.
« Cette loi est bien plus qu’un simple instrument juridique. Elle donne le top et le ton d’une législature résolument tournée vers l’efficacité de l’action publique et la promotion de la bonne gouvernance environnementale », a souligné le ministre, qui a salué la grande sensibilité écologique des parlementaires.
En regroupant les régimes de la forêt et de la faune au sein d’un document unique, le gouvernement offre au Bénin un outil moderne et conforme aux standards mondiaux. Le ministre a également insisté sur les aspects opérationnels : le renforcement des effectifs de surveillance, la pérennisation du projet Mangrove, et le développement d’infrastructures touristiques telles que des complexes hôteliers, qui permettront de valoriser durablement les aires protégées.
La fin d’une session historique
L’adoption de ce code, après de longs débats enrichissants, a été l’un des temps forts de la première session ordinaire de l’année 2026. À l’issue de la séance, le président Joseph Fifamin Djogbénou a procédé à la clôture des travaux, remerciant l’ensemble des acteurs gouvernementaux et parlementaires pour cette avancée législative qui redessine durablement l’avenir environnemental du Bénin. Pour Georges Alé, le défi est désormais celui de l’application effective de ces dispositions sur l’ensemble du territoire, pour un Bénin plus vert et plus prospère.
WM



