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Société

Xénophobie en Afrique du Sud : Le Zimbabwe rapatrie un très grand nombre de ses ressortissants

Face aux violences xénophobes et à la chasse aux immigrés en Afrique du Sud, le Zimbabwe a rapatrié près de 100 000 de ses citoyens en moins de deux mois.

Le gouvernement zimbabwéen a officialisé hier mercredi 15 juillet 2026 un chiffre saisissant : depuis le 28 mai, exactement 99 418 Zimbabwéens sont rentrés au pays. Le ministre de l’Information, Zhemu Soda, a précisé que 70 % d’entre eux sont des femmes et des enfants, et que 870 enfants présentent un état de malnutrition grave. Le rapport présenté au Conseil des ministres mardi dresse un tableau humanitaire alarmant.

Si les autorités ont mis en place un dispositif officiel de rapatriement, la grande majorité des expatriés est revenue par leurs propres moyens, fuyant un climat de terreur. Pour rappel, l’Afrique du Sud est secouée depuis plusieurs mois par une vague de violences anti-étrangers, attisée par un chômage record et des discours politiques radicalisés. Des groupes anti-immigration ont ciblé les commerces de migrants, poussant près de 50 000 étrangers de toutes nationalités à quitter le pays sous la menace d’un ultimatum.

Pour tenter de gérer cet afflux, le président Emmerson Mnangagwa a reçu le mercredi le roi Misuzulu kaZwelithini des AmaZulu et une délégation de chefs traditionnels sud-africains, afin de réaffirmer les liens historiques entre les deux peuples. Sur le terrain, la Première dame Auxilia Mnangagwa a distribué nourriture et vêtements au centre de rapatriement de Beitbridge, tandis que les équipes médicales ont pris en charge 15 cas de diarrhée et dépisté la malnutrition chez les enfants.

Le Zimbabwe a également indiqué apporter son aide aux ressortissants malawites et zambiens en transit sur son sol. Pendant ce temps, la communauté internationale, notamment le Nigeria, le Ghana et le Mozambique, exprime de vives inquiétudes pour la sécurité de ses citoyens encore présents en Afrique du Sud, malgré les condamnations verbales du président Cyril Ramaphosa, qui tente de concilier fermeté migratoire et apaisement social.

Alassane IMOROU SANDA

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