Le tribunal de grande instance de Kédougou a condamné, jeudi 30 juillet 2026, trois femmes à cinq ans de prison ferme et à une amende de 500 000 F CFA chacune pour « actes contre nature ». Une décision sévère qui intervient dans un contexte de durcissement de la législation sénégalaise sur l’homosexualité. La défense a annoncé son intention de faire appel.
Les trois prévenues, deux ressortissantes nigérianes et une Sénégalaise, ont été reconnues coupables à l’issue de leur procès. Selon les éléments présentés à l’audience, l’exploitation de leurs téléphones portables a permis aux enquêteurs de découvrir des conversations, des photographies et des vidéos à caractère sexuel, retenues comme éléments de preuve par le tribunal. Chacune des condamnées devra également s’acquitter d’une amende de 500 000 F CFA.
Cette condamnation intervient dans un contexte de durcissement de la législation sénégalaise sur les « actes contre nature ». Une révision récente de l’article 319 du Code pénal prévoit désormais des peines plus sévères pour les infractions commises entre personnes de même sexe, renforçant les craintes des défenseurs des droits humains quant à l’application de ces dispositions.
Les avocats de la défense contestent toutefois la procédure. Ils dénoncent des irrégularités dans l’enquête menée par la gendarmerie, estimant que certaines dispositions du Code de procédure pénale n’ont pas été respectées. Ils ont annoncé leur intention de saisir la Cour d’appel de Tambacounda afin de contester la décision rendue, espérant une issue plus favorable pour leurs clientes.
F.A.B



