Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a accordé une grâce présidentielle à neuf responsables politiques, dont l’ancien Premier ministre Succès Masra. La décision, officialisée ce vendredi 14 août 2026, intervient dans le cadre des mesures annoncées par le chef de l’État en faveur de l’apaisement et de la réconciliation nationale.
C’est par le décret N°2152/PR/2026 que le président de la République dispense les bénéficiaires d’exécuter tout ou partie de leurs peines pénales. Parmi les personnes concernées figure Succès Masra, président du parti Les Transformateurs et ancien Premier ministre. En effet, il avait été condamné à 20 ans de prison ainsi qu’au paiement d’un milliard de francs CFA de dommages et intérêts. Ses avocats avaient introduit une demande de grâce auprès du chef de l’État.
Les huit autres bénéficiaires sont des responsables de formations politiques issues de l’ex-GCAP. Il s’agit d’Avocksouma Atchenemou, Neatobey Valentin, Ahmed Nima, Badono Daigou, Nassour Koursami, Max Kemkoye Magruergues, Keleou Bomaye Laoubaye Daniel et Mahamat Djara Diguei. Leurs conseils avaient également sollicité une mesure de clémence en leur faveur.
Dans une publication sur sa page Facebook, la Présidence tchadienne précise que les neuf bénéficiaires sont « libérables dès que les dispositions seront prises par le Ministère de la Justice dans les heures et jours qui viennent ». Elle souligne toutefois que la grâce présidentielle ne concerne que les peines pénales. Les condamnations civiles demeurent donc applicables et peuvent continuer à être exécutées.
Une mesure étendue aux détenus de droit commun
La décision présidentielle ne se limite pas aux responsables politiques. Un second décret, publié le même jour, instaure une remise partielle et collective de peine au profit de personnes condamnées et détenues sur l’ensemble du territoire tchadien.
Certaines catégories d’infractions sont cependant exclues de cette mesure. Il s’agit notamment des faits liés au terrorisme, au viol et aux stupéfiants. Les personnes condamnées pour corruption peuvent, quant à elles, bénéficier d’une réduction de peine, sous réserve de remplir les conditions prévues par le décret. Il faut rappeler que cette mesure de remise de peine n’est pas une première au Tchad. Un dispositif similaire avait déjà été adopté en 2023.
L’apaisement au cœur de la décision
Ces deux décrets viennent concrétiser l’engagement pris par le président Mahamat Idriss Déby Itno dans son discours à la Nation prononcé à la veille de la fête de l’Indépendance. Le chef de l’État avait alors annoncé son intention de placer la grâce présidentielle sous le signe du pardon, de l’apaisement et de la réconciliation nationale.
Avec la libération annoncée de Succès Masra et de huit autres responsables politiques, le pouvoir tchadien entend ainsi donner une nouvelle impulsion au processus d’apaisement politique dans le pays.
Au-delà du geste judiciaire, cette grâce présidentielle constitue donc un signal politique majeur. Reste désormais à voir si cette mesure contribuera durablement à apaiser les tensions et à renforcer le dialogue entre les différents acteurs de la scène politique tchadienne.
Alassane IMOROU SANDA



