« Si vous ne planifiez pas, vous planifiez votre échec » a déclaré Bio Tchané
Ce jeudi 20 août 2026, l’hôtel Novotel de Cotonou a été le théâtre d’une cérémonie solennelle marquant une étape déterminante pour l’institutionnalisation du Conseil Économique et Social (CES). Dans une dynamique de renouveau, la 8e mandature de l’institution a lancé officiellement l’élaboration de son Plan stratégique 2027-2031, une boussole indispensable pour aligner ses actions sur les réalités socio-économiques du Bénin.
Une institution en pleine transformation
Le contexte de ce lancement est celui d’une institution en pleine mutation. Célestin Guidime, rapporteur du comité d’orientation et de supervision, a rappelé que cette ambition est le fruit d’une évolution législative majeure. En effet, « le Conseil économique et social s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique profondément rénovée, impulsée par la réforme de la loi organique n° 2024-26 du 17 juin 2026 ».
Cette réforme est structurelle. Selon le rapporteur, « cette évolution législative majeure consacre une nouvelle architecture fondée sur un Conseil économique et social, un Conseil national et des conseils départementaux, représentant ainsi notre institution au plus près des réalités de nos territoires locaux ». Célestin Guidime a également confié : « Sans cette boussole, nous prendrions le risque de naviguer à vue. Ce plan quinquennal sera le cadre de référence du CES pour les six prochaines années. Il nous permettra d’anticiper les difficultés émergentes, d’apporter des réponses à la hauteur des attentes de nos autorités publiques et des populations. »
Une vision portée par le président Abdoulaye Bio Tchané
Le président du CES, Abdoulaye Bio Tchané, a placé cette initiative sous le signe de la rigueur et de la vision. Il a insisté sur le fait que le CES a connu, au fil des mandatures, un affaiblissement qu’il convient désormais de corriger pour le rendre « plus utile pour la communauté, plus pertinent pour les dirigeants que sont le gouvernement et l’Assemblée nationale ».
Revenant sur l’importance de la planification, le président Bio Tchané a souligné : « Un inventeur et entrepreneur connu, Benjamin Franklin, a dit cette phrase que le ministre de l’Économie et des Finances aurait pu dire tout à l’heure parce qu’il ressentait désormais la nécessité de la planification : « Si vous ne planifiez pas, eh bien vous planifiez votre échec ». »
Les priorités nationales selon le gouvernement
Le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Medenou, a précisé les attentes du gouvernement. Il a salué l’initiative en soulignant que le CES joue un rôle consultatif pivot. Le ministre a mis en lumière trois priorités nationales majeures que le document devra intégrer, avec une insistance particulière sur le secteur agricole : « Environ 70 % des pauvres extrêmes travaillent dans ce secteur. Donc, si nos frères agriculteurs arrivent à produire et à vendre leurs productions, ils vont améliorer leurs conditions de vie. »
Il a ajouté : « La première priorité, vous l’avez souvent entendue et je vais insister dessus, c’est l’éradication de l’extrême pauvreté. La deuxième priorité, c’est la territorialisation de l’action publique. Dernière priorité sur laquelle je vais insister, c’est le digital et la promotion de l’innovation. »
Un appel à l’exigence et à la rigueur
Le président du CES a conclu en affirmant que « l’avenir de ce pays se bâtit avec la paix et se bâtit avec l’exigence », marquant ainsi le début d’une ère de travail rigoureux pour l’ensemble des parties prenantes, afin de faire du CES une institution véritablement impactante.
Jean De Dieu Trinnou



