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Mondial U20 féminin 2026 : les 3 grandes leçons de la première aventure des Amazones

L’aventure mondiale des Amazones U20 a pris fin ce vendredi 11 septembre 2026 en Pologne. Pour leur toute première participation à une phase finale de Coupe du monde, les Béninoises quittent la compétition avec un bilan difficile sur le plan comptable, mais avec une expérience qui pourrait s’avérer déterminante pour la suite.

Le rêve mondial s’est achevé à Bielsko-Biała par une défaite face à la Pologne (1-4). Après le nul obtenu contre le Mexique (2-2) et la lourde correction subie face à l’Argentine (0-8), les Amazones n’ont pas réussi à créer l’exploit contre le pays hôte.

Avec un seul point au compteur, trois buts inscrits et quatorze encaissés, le Bénin termine à la quatrième place du groupe A et quitte logiquement la compétition dès la phase de groupes.

Mais réduire cette première participation à ces chiffres serait trop réducteur. Au-delà des résultats, cette Coupe du monde aura surtout permis au football féminin béninois de mesurer l’écart qui existe encore avec le très haut niveau mondial.

Première grande leçon : le haut niveau ne pardonne aucun relâchement

Le parcours des Amazones a d’abord mis en évidence une réalité fondamentale : à ce niveau de compétition, chaque erreur se paie immédiatement. Face au Mexique, les Béninoises ont montré leur capacité à résister et à revenir dans un match difficile. Mais contre l’Argentine, elles ont été dépassées dans plusieurs secteurs et ont encaissé huit buts. Face à la Pologne, elles ont encore souffert devant une équipe plus mature et plus efficace.

Ces rencontres doivent permettre au staff et aux joueuses d’identifier précisément les insuffisances observées : gestion des temps faibles, concentration, efficacité défensive, maîtrise technique et capacité à maintenir l’intensité pendant toute une rencontre.

Deuxième leçon : l’expérience internationale est irremplaçable

Pour la majorité de ces jeunes joueuses, la Pologne 2026 constituait une découverte du très haut niveau. Elles ont désormais une référence concrète de ce qu’exige une Coupe du monde. Affronter des sélections comme le Mexique, l’Argentine et la Pologne constitue une expérience que les compétitions africaines ne peuvent pas totalement reproduire.

Cette confrontation doit donc être considérée comme un investissement pour l’avenir. Les joueuses ont découvert d’autres rythmes de jeu, d’autres organisations tactiques et une intensité supérieure. À elles désormais de transformer cette expérience en progression réelle.

Troisième leçon : le talent doit être accompagné dans la durée

Cette première participation révèle également l’importance du travail de formation et de suivi sur le long terme. Le Bénin dispose de jeunes joueuses capables de rivaliser par séquences, comme l’a montré le match nul contre le Mexique. Mais pour franchir un nouveau palier, il faudra davantage de régularité, de préparation internationale et de confrontations de haut niveau.

L’enjeu ne doit donc pas être uniquement de se qualifier pour une Coupe du monde. Il faut construire une génération capable d’y revenir mieux préparée et surtout capable d’y obtenir de meilleurs résultats.

Un noyau à préserver pour 2028

L’un des enseignements encourageants de cette aventure réside dans la possibilité de conserver une partie de ce groupe pour la prochaine édition.

Sur les 21 Amazones présentes en Pologne, huit seront encore éligibles pour la Coupe du monde U20 de 2028, sous réserve d’une nouvelle qualification du Bénin : Larissa Saïzonou, Assanath Alassane, Hermionne Lokossou, Romaine Gandonou, Mouibath Awéna, Angela Gbadessi, Déo Gratias Ebi et Estelle Vidinhouèdé. Ces joueuses auront alors davantage de vécu international. Elles ne découvriront plus l’environnement d’un Mondial : elles l’auront déjà vécu.

De la découverte à la construction

La Coupe du monde 2026 doit donc être considérée comme un point de départ plutôt qu’une fin. Les Amazones quittent la compétition avec une seule unité au classement, mais elles repartent également avec des souvenirs, des repères et une expérience précieuse. Le défi sera maintenant de capitaliser sur cette première aventure.

Le Bénin devra tirer les enseignements de ces trois matches, renforcer la formation, multiplier les confrontations internationales et accompagner davantage les jeunes talents. Car la véritable réussite de cette première participation ne se mesurera pas uniquement au classement du groupe A. Elle se mesurera à la capacité du football béninois à transformer cette expérience mondiale en progrès durable.

La Pologne 2026 restera peut-être ainsi comme le premier chapitre d’une génération appelée à grandir. Et si les Amazones parviennent à retrouver le Mondial en 2028, elles devront y revenir avec une ambition différente : celle d’une équipe qui ne découvre plus le très haut niveau, mais qui est désormais prête à y rivaliser.

François d’Assise BATCHOLA

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