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Politique

​Du jet de déchet au civisme : comment le concept « L’État, c’est d’abord moi » veut transformer les communes

(L’appel de Janvier Yahouedehou à la responsabilité citoyenne)

C’est un concept simple, presque une évidence, que le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouedehou, a voulu inscrire dans le débat public. À l’occasion de l’entrée en fonction du nouveau bureau de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB), à l’hôtel Golden Tulip de Cotonou, le vendredi 2 octobre 2026, il a lancé une idée forte : « L’État, c’est d’abord moi. »

Derrière cette formule, une conviction profonde : le développement local ne peut pas reposer uniquement sur les institutions. Il dépend aussi, et surtout, du comportement de chaque citoyen. Une philosophie que le ministre a voulu transmettre à travers un discours empreint de pédagogie et de responsabilité.

L’État, la commune et le citoyen : trois responsabilités, un même objectif

Pour le ministre, il ne doit pas y avoir d’un côté l’État et de l’autre les communes. « Il ne doit pas davantage y avoir des institutions qui travaillent chacune dans leur couloir », a-t-il déclaré. L’État, les communes, les préfectures, les pôles de développement territorial et l’ANCB ont des responsabilités différentes. « Mais nous avons une même population à servir. C’est cela qui doit nous rassembler. »

Cette vision repose sur une idée simple : chaque acteur doit assumer sa part. L’État doit assumer ses responsabilités. La commune doit assumer les siennes. Et le citoyen doit agir à son niveau et adopter des comportements responsables. C’est cette complémentarité qui doit guider l’action publique.

Le citoyen, acteur et non simple bénéficiaire

« Nous pouvons avoir de bonnes institutions, de bons textes et de bons projets. Mais le développement local ne se construira pas durablement sans le citoyen », a insisté Janvier Yahouedehou. Pour lui, le citoyen doit savoir ce que fait sa commune, pouvoir poser des questions, exprimer ses préoccupations et prendre sa part de responsabilité. Une manière de rappeler que la démocratie locale ne se limite pas au vote : elle se vit au quotidien, dans l’implication de chacun.

Le geste qui résume tout : ramasser un sachet jeté sur la voie publique

Le ministre a pris un exemple concret pour illustrer son propos, rappelant une intervention du président de la République, Romuald Wadagni, le 23 septembre dernier lors de la présentation du cadrage des pôles de développement territorial. Le chef de l’État avait appelé chacun à prendre sa part dans la préservation du cadre de vie, avec un exemple simple : si un sachet d’emballage jeté sur la voie publique salit notre environnement, un autre citoyen peut le ramasser et le déposer dans une poubelle.

« Ce geste peut paraître modeste. Pourtant, il résume une conception essentielle de la citoyenneté : ce qui touche à l’intérêt collectif me concerne aussi. Je ne dois pas toujours attendre que l’État, la commune ou quelqu’un d’autre agisse lorsque je peux moi-même contribuer à la solution », a souligné Janvier Yahouedehou.

La propreté des villes, le respect des équipements publics, la préservation du cadre de vie ou le respect des règles collectives ne relèvent pas seulement de la mairie ou de l’État. « Ils dépendent aussi du comportement de chacun », a-t-il martelé. Jeter un déchet dans une poubelle plutôt que dans la rue, respecter un bien public ou participer à l’amélioration de son quartier : ces gestes du quotidien sont autant d’actes de citoyenneté qui construisent la commune.

« L’État, ce n’est pas seulement le Chef de l’État »

Le ministre a tenu à préciser le sens profond de son concept. « L’État, ce n’est pas seulement le Chef de l’État. Ce n’est pas seulement le ministre, le préfet, le maire, le chef d’arrondissement, le chef de village ou le chef de quartier. L’État, c’est aussi chacun de nous. Et la responsabilité commence d’abord par soi-même », a-t-il déclaré.

« L’État, c’est d’abord moi », c’est rappeler à chaque Béninois qu’il n’est pas seulement bénéficiaire de l’action publique. Il est aussi acteur du développement de sa commune et de son pays. Avant de demander ce que l’État ou la commune doit faire, chacun doit aussi se demander : quelle est ma part de responsabilité et que puis-je faire, à mon niveau ?

« C’est ainsi que nous construirons ensemble des territoires plus propres, plus responsables, plus dynamiques et plus agréables à vivre », a-t-il affirmé.

Un accompagnement du ministère et un dialogue avec l’ANCB

Le ministre a tenu à rassurer les communes. « Le ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale sera à vos côtés. Nous entretiendrons avec l’ANCB un dialogue direct, régulier et constructif », a-t-il promis. Il a également assuré que les préoccupations des communes seront écoutées et que les initiatives contribuant réellement à améliorer leur performance et les conditions de vie des populations seront accompagnées.

S’adressant directement au nouveau président de l’ANCB, il a lancé : « Vous avez reçu la confiance de vos pairs. Cette confiance est un honneur. Elle est surtout une responsabilité. Faites de l’ANCB une institution qui rassemble, qui propose, qui accompagne et qui aide nos communes à progresser. »

Trois constats pour juger l’action

Au terme du mandat du nouveau bureau de l’ANCB, Janvier Yahouedehou souhaite que trois constats puissent être faits : que la décentralisation a franchi une nouvelle étape ; que les 77 communes sont devenues plus efficaces, plus responsables et plus performantes ; et surtout, que les populations ont constaté une amélioration réelle de leur quotidien.

« Car c’est finalement à cela que nous serons jugés », a-t-il conclu, avant de rappeler que c’est le sens de la mission du ministère, le sens de la décentralisation et l’engagement que tous doivent prendre ensemble.

Un message clair, qui place le citoyen au cœur de l’action publique et rappelle que le développement commence souvent par des gestes simples.

AY

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