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Sport

Après les violences de la finale de la CAN, la justice marocaine tranche : Les 18 supporters sénégalais interpellés fixés sur leur sort

La justice marocaine a rendu son verdict ce jeudi 19 février à Rabat. Les 18 supporters sénégalais et un ressortissant français, arrêtés à l’issue des heurts survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations opposant le Maroc au Sénégal le 18 janvier, ont été condamnés à des peines de prison allant de trois mois à un an ferme. Leurs avocats ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel.

Le procès, très attendu, s’est tenu dans un climat tendu. Les prévenus étaient poursuivis pour « hooliganisme », une qualification large recouvrant des violences contre les forces de l’ordre, la dégradation d’équipements sportifs, l’invasion de la pelouse et des jets de projectiles.

Le verdict est tombé après plus d’une demi-heure de délibération suivant la rupture du jeûne du ramadan : neuf supporters ont écopé d’un an de prison ferme assorti d’une amende de 5 000 dirhams (environ 460 euros). Six autres ont été condamnés à six mois de prison et 2 000 dirhams d’amende (180 euros), tandis que les trois derniers, ainsi qu’un Français d’origine algérienne jugé pour avoir jeté une bouteille d’eau, ont reçu une peine de trois mois et une amende de 1 000 dirhams (90 euros).

La défense dénonce des « boucs émissaires »

Les réactions de la défense ne se sont pas fait attendre. Me Patrick Kabou, avocat sénégalais inscrit au barreau du Gers, a exprimé son incompréhension auprès de l’AFP, dénonçant le fait que ses clients servent de « boucs émissaires ». Son confrère marocain, Me Jaouad Benaissi, qui défendait le ressortissant français, s’est dit « triste et déçu » du jugement.

Dès la sortie de l’audience, plusieurs supporters ont brièvement manifesté leur mécontentement, et leurs avocats ont confirmé qu’ils interjetteraient appel dès ce vendredi 20 février. Durant l’audience, les prévenus avaient réaffirmé « leur innocence » tout en exprimant des « regrets » face aux incidents. Leurs avocates, dont Me Naïma El Guellaf, avaient plaidé la relaxe ou des peines alternatives, arguant que les images des caméras de surveillance ne constituaient pas « des preuves irréfutables » de leur culpabilité.

Des réquisitions lourdes et des dégâts considérables

Plus tôt dans la journée, le parquet avait requis des peines allant jusqu’à deux ans de prison ferme, s’appuyant sur les images diffusées en direct à la télévision, les certificats médicaux des forces de l’ordre blessées et l’évaluation des dégâts matériels, estimés à plus de 370 000 euros. Le ministère public a insisté sur la volonté délibérée des supporters de « perturber le bon déroulement du match ».

Pour Me Mustapha Simou, avocat de 14 membres des forces de l’ordre constitués partie civile, les sanctions disciplinaires infligées fin janvier par la Confédération africaine de football (CAF) aux deux fédérations – des amendes de plusieurs centaines de milliers d’euros – « ne dispensent pas les prévenus de leur responsabilité pénale ». Bien au contraire, selon lui, « elles confirment leur culpabilité ».

Un contexte sportif et diplomatique sensible

Ces incidents sont survenus lors d’un match à haute tension. Le Sénégal s’était imposé 1-0 au terme d’une rencontre chaotique, marquée par un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, juste après un but refusé aux Sénégalais. C’est à ce moment que des supporters sénégalais avaient tenté d’envahir la pelouse et lancé des projectiles.

L’affaire intervient dans un contexte particulier, le Maroc venant d’organiser la CAN 2025 (du 21 décembre au 18 janvier) et s’apprêtant à coorganiser la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. La défense n’a pas manqué de rappeler les liens historiques unissant les « peuples frères » marocain et sénégalais, un argument qui n’aura pas suffi à infléchir la décision du tribunal de Rabat.

Détails des condamnations prononcées contre les 18 supporters sénégalais

— 9 supporters : 1 an de prison + 5 000 dirhams d’amende (~300 000 FCFA)

— 6 supporters : 6 mois de prison + 2 000 dirhams d’amende (~120 000 FCFA)

— 3 supporters : 3 mois de prison + 1 000 dirhams d’amende (~60 000 FCFA)

  • Un Français d’origine algérienne, poursuivi pour avoir jeté une bouteille d’eau, a également écopé de trois mois de prison et 1 000 dirhams d’amende (~60 000 FCFA)

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