L’arrestation récente d’un marabout malien, accusé d’avoir promis la victoire des Aigles du Mali en échange de 100 millions de FCFA, est présentée par certains observateurs comme illustrant la mauvaise foi du président Assimi Goïta. Dans un pays où la superstition et les croyances populaires sont profondément ancrées, cette interpellation pourrait n’être qu’une opération de communication visant à détourner l’attention des véritables enjeux.
Sous la gouvernance du Général Goïta, le Mali est souvent décrit comme un laboratoire de pouvoir autoritaire. Son gouvernement, soutenu par la Russie et ayant dissous les partis politiques, chercherait à contrôler l’espace public et les récits nationaux. En ciblant un marabout, Goïta tenterait ainsi de renforcer son emprise sur une population désillusionnée, sans s’attaquer aux problèmes structurels du pays.
L’équipe nationale, les Aigles, symbolise l’unité nationale. Or, la promesse de victoire exploitée par ce marabout apparaît comme une métaphore des espoirs déçus des Maliens, confrontés à une crise sécuritaire et économique persistante. Au lieu de s’engager dans des réformes tangibles, Goïta préférerait jouer la carte du spectacle, en plaçant en garde à vue un homme qui, au fond, ne ferait que refléter les aspirations d’un peuple en quête de réussite.
Cette arrestation soulève des questions sur l’identité nationale et le rôle de l’État dans la régulation des croyances. Alors que les Maliens souffrent de l’absence de solutions concrètes, le Général Goïta semblerait plus préoccupé par le contrôle des narrations que par l’amélioration des conditions de vie. Il est temps que le président malien cesse de détourner l’attention et commence à s’occuper des véritables défis auxquels le pays fait face. Les Maliens méritent une gouvernance qui ne se cache pas derrière des arrestations spectaculaires, mais qui s’attaque réellement aux crises du quotidien



