En République démocratique du Congo (RDC), le gouvernement planifie une réduction des dépenses de salaires pour les fonctionnaires et les forces de défense et de sécurité. Cette décision fait suite à un constat : la masse salariale est jugée trop lourde par rapport aux recettes fiscales. L’objectif est de maintenir ce ratio sous la barre des 5 % du PIB afin de préserver la capacité d’investissement du pays.
Alors que l’inflation ralentit – elle est estimée à 7,8 % en 2025, son taux le plus bas depuis quatre ans –, les autorités restent préoccupées par l’évolution de la masse salariale, particulièrement dans les secteurs de la défense et de la sécurité. Une inquiétude justifiée puisque, depuis mars, les salaires des militaires et policiers ont été doublés et une prime de combat a été introduite, entraînant une hausse rapide des charges publiques.
« Des actions courageuses sont nécessaires pour maîtriser la masse salariale, sinon tout ce que l’État encaisse est absorbé par les salaires », a prévenu le ministre de l’Économie, Mukoko Samba, rappelant la nécessité d’investir dans les infrastructures et l’avenir.
Fonction publique : un effort déjà entamé
Du côté de la fonction publique, un processus d’assainissement a permis de réduire drastiquement les effectifs : de plus de 1,4 million d’agents en 2023 à 795 000 en 2025, selon les chiffres officiels. Une nouvelle politique salariale est actuellement en préparation, sous l’égide des ministères du Budget et de la Fonction publique, et devrait être adoptée d’ici fin 2025.
Une trajectoire fixée jusqu’en 2030
Le gouvernement ambitionne de contenir la masse salariale à 4,8 % du PIB cette année et de la ramener progressivement à 4,1 % d’ici 2030. Pour y parvenir, l’Inspection des Forces armées prévoit notamment un audit des effectifs dans les zones non engagées dans des opérations militaires.
Si cette orientation rassure les partenaires financiers comme le FMI et la Banque mondiale, elle pourrait toutefois provoquer des tensions sociales, notamment chez les agents de l’État directement concernés par ces réformes.
François-D’Assise BATCHOLA



