Ils étaient 96 députés dans l’hémicycle du Palais des Gouverneurs, ce mercredi. L’objectif : achever, en moins de 72 heures, la mise en place complète des rouages de la 10e législature. Mission accomplie pour le président Joseph Fifamin Djogbénou, qui a conduit avec méthode et célérité l’élection des bureaux des commissions permanentes et la constitution des groupes parlementaires.
Un exercice démocratique rondement mené. Et pour les Béninois, désormais, une question centrale : qu’attendre de cette nouvelle Assemblée ?
Une installation éclair, gage d’efficacité
Dimanche 8 février, les 109 députés étaient installés. Mercredi 11 février, les cinq commissions techniques avaient déjà leurs bureaux, et les deux groupes parlementaires, Union Progressiste le Renouveau et Bloc Républicain, leurs instances dirigeantes.
Ce n’est pas un détail. Dans un pays où l’on a longtemps reproché au Parlement sa lenteur à se mettre en ordre de bataille, le signal envoyé par le professeur Djogbénou est clair : la 10e législature ne perdra pas de temps. Elle veut être opérationnelle dès les premières heures. Et cela, les citoyens l’ont perçu.
Des commissions aux mains des expérimentées
Le regard se porte naturellement sur ceux qui auront la lourde tâche d’examiner, amender et voter les textes. À la commission des Lois, c’est Orden Alladatin qui se succède, entouré de Casimir Sossou et Alice Dadegnon. À celle des Finances, le président Gérard Gbénonchi hérite d’un portefeuille stratégique comme pour la précédente législature.
Mais c’est peut-être du côté de la commission Éducation, Culture, Emploi et Affaires sociales que les attentes sont les plus vives. Présidée par Eléonore Yayi, elle devra plancher sur des sujets qui touchent au quotidien des Béninois : la formation des jeunes, l’emploi, la protection sociale. Autant de chantiers que la précédente législature avait ouverts, mais qui appellent désormais des avancées tangibles.
Deux groupes, une même ambition républicaine ?
La physionomie politique de cette 10e législature est désormais connue. D’un côté, le groupe Union Progressiste le Renouveau, fort de 60 députés, présidé par Natondé Aké. De l’autre, le groupe Bloc Républicain avec ses 49 élus, conduit par Assan Seïbou.
Deux sensibilités, une même majorité présidentielle. Mais au-delà des étiquettes, les Béninois attendent de leurs représentants qu’ils sachent dépasser les logiques d’appareil pour incarner une Assemblée moderne, contradictoire mais constructive. Le président Djogbénou, universitaire et ancien président de la Cour constitutionnelle, a justement bâti sa carrière sur cette idée : le droit comme boussole, le débat comme outil, l’intérêt général comme horizon.
Les espoirs d’un peuple
Alors, qu’attendre de cette 10e législature ?
D’abord, de la méthode. Le professeur Djogbénou n’est pas un novice. Il connaît les textes, les institutions, et surtout les équilibres subtils du Parlement. Son style rigoureux, discret mais efficace, pourrait bien insuffler une nouvelle culture de travail à l’Assemblée.
Ensuite, des résultats concrets. Les Béninois veulent des lois qui améliorent leur vie, pas des débats sans fin. Ils veulent un contrôle gouvernemental exigeant, mais pas stérile. Ils veulent des députés présents sur le terrain, à l’écoute, et non déconnectés dans la bulle parlementaire.
Enfin, une certaine idée de la République. Dans un contexte sous-régional troublé, où les putschs fleurissent et où les institutions vacillent chez certains voisins, le Bénin a plus que jamais besoin d’un Parlement solide, crédible, respecté. La présidence de Joseph Djogbénou peut y contribuer.
Le temps de l’action
Les organes sont en place. Les fauteuils sont occupés. Les rôles sont distribués.
Place désormais au travail législatif. Place aux premiers textes, aux premières interpellations, aux premières auditions. La 10e législature n’a plus d’excuse : elle a ses chefs, ses commissions, ses règles. Elle a surtout, à sa tête, un homme dont la feuille de route tient en un mot : servir.
Les Béninois, eux, regardent. Et ils espèrent.
WM



