À Bassila, dans le département de la Donga, la nuit du 16 mars a été marquée par une attaque violente contre le commissariat de Manigri. Le bilan est grave : deux assaillants ont été tués, un agent de police blessé par balle et plusieurs autres personnes ont subi des blessures.
À l’origine des faits, une affaire de vol présumé de noix de cajou. Le 14 mars, un bouvier soupçonné est conduit au poste dans un état critique. Les policiers, inquiets pour sa santé, le font admettre dans un centre médical. Les examens concluent à une incapacité de travail d’une dizaine de jours et nécessitent un scanner cérébral.
Deux jours plus tard, à son retour, il est placé en garde à vue. L’affaire prend alors une tournure inattendue : il accuse deux hommes, présents parmi les proches du plaignant, de l’avoir violemment maltraité lors de son interpellation. Ces derniers sont immédiatement arrêtés pour coups et blessures.
Leur arrestation provoque la colère de leurs proches, qui se rendent au commissariat pour exiger leur libération, sans succès. En soirée, la situation dégénère. Un groupe armé fait irruption sur les lieux, déterminé à libérer les détenus et à s’en prendre au bouvier. Armés de fusils artisanaux et d’armes blanches, les assaillants envahissent le commissariat.
Les forces de l’ordre interviennent pour repousser l’assaut. Des affrontements éclatent, ponctués de tirs. À l’issue de la confrontation, deux membres du groupe sont abattus. Un policier est touché et pris en charge à l’hôpital, tandis que d’autres blessés sont recensés.
Cet épisode tragique illustre les dérives d’une justice expéditive imposée par la foule. Au lieu de résoudre le conflit, la violence a entraîné des pertes humaines et plongé la localité dans le deuil.
Fallone CHABI-BONI



