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Société

Bénin : L’emblématique « Kiosque Morgue » de Cotonou n’est plus (les détails)

Depuis lundi matin, un pan de l’histoire médiatique béninoise s’est effacé. Le kiosque à journaux emblématique de Cotonou, situé face à la FSS-CNHU et considéré comme le plus grand du pays, a été démantelé dans le cadre d’une opération de « libération de l’espace public ». À sa place, ne subsiste qu’un « amas de papiers épars », vestige désolé d’une effervescence culturelle et sociale qui animait le quartier depuis plus de dix ans, constate le journaliste Sêmèvo Bonaventure AGBON.

Pour des générations d’étudiants, journalistes, lecteurs assidus ou simples badauds, ce kiosque était bien plus qu’un point de vente. Il centralisait la distribution de la majorité des titres de la presse nationale et servait de lieu de débat spontané. Les Zémidjan (taxis-motos) et citoyens s’y pressaient pour s’arracher les journaux, commenter les Unes à chaud ou lire quelques lignes à la volée. « Depuis plus de dix ans, c’est la première fois que je vois ce lieu vide, mais chargé de souvenirs », confie un témoin, évoquant une ambiance désormais fantôme.

Si l’opération urbaine justifie officiellement la démolition – des travaux de réfection du tronçon étant prévus –, le déclin du kiosque était déjà palpable. L’irruption du numérique a bouleversé les habitudes de consommation de l’information, entraînant une chute d’audience « difficile à effacer ». La question de sa réinstallation reste en suspens : « Nous n’avons pas encore abordé cela », admet un ancien gestionnaire du site, sous couvert d’anonymat.

Cette disparition, même temporaire, interroge la résilience de la presse physique face aux défis du numérique et de l’IA. Symbole tangible de la diffusion de l’information, le kiosque incarnait un modèle de sociabilité et d’accès démocratique à la connaissance. Sa disparition sonne comme un avertissement pour la presse écrite, sommée de réinventer sa présence dans l’espace public et les esprits.

La disparition du kiosque de Cotonou n’est pas qu’un réaménagement urbain : c’est la fin d’un rituel collectif. Alors que la presse écrite cherche son second souffle, cette opération « libère » peut-être l’espace public, mais laisse orphelins ceux pour qui l’actualité se respirait au coin de la rue.

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