Dans une lettre ouverte adressée à la jeunesse béninoise, Richard Boni Ouorou, président du Mouvement Libéral, appelle à une prise de conscience face aux enjeux politiques actuels. De retour d’une semaine au Canada, il constate que la stratégie de victimisation, longtemps utilisée par certains leaders politiques pour se présenter en victimes face à un adversaire désigné, ne fonctionne plus – notamment auprès des jeunes, qui représentent désormais 70 % de l’électorat.
Il souligne que cette approche, dominante entre 2006 et 2016, est aujourd’hui perçue comme inefficace par une jeunesse « fatiguée des discours victimaires et des incessantes lamentations sur les injustices passées et présentes », et qui exige désormais des résultats concrets. À l’approche des élections générales de 2026, ce constat sonne comme un cri d’alarme à l’égard des politiques qui semblent plus préoccupés par les manœuvres partisanes que par les attentes de la jeunesse.
La mise en place d’un cadre de concertation par d’anciens présidents, dont les motivations restent floues, suscite d’ailleurs des interrogations, voire des inquiétudes, quant à sa réelle prise en compte des aspirations des jeunes.
Pour Richard Boni Ouorou, les jeunes Béninois, qui forment 70 % du corps électoral, recherchent des solutions novatrices et du concret. Or, le cadre de concertation, dominé par des figures politiques du passé, risque de s’enliser dans des querelles politiciennes, au détriment des priorités de cette génération.
François d’Assise BATCHOLA
Extrait de la lettre de Richard Boni Ouorou, publiée le lundi 24 mars 2025 sur sa page Facebook :
Bénin : Une Génération en Quête de Progrès
« Au cours de ma récente semaine au Canada, j’ai eu l’occasion de m’immerger dans les dynamiques politiques de notre pays. Force est de constater que la stratégie de victimisation, qui consiste à se positionner en tant qu’innocent face à un adversaire désigné, rencontre une résistance croissante, ce qui veut dire qu’elle ne marche plus, notamment auprès des jeunes électeurs, qui représentent désormais un bloc électoral d’au moins 70 %.
Cette approche, qui a prévalu entre 2006 et 2016, semble aujourd’hui désuète et inefficace. Les jeunes, qui étaient âgés de 15 ans en 2016 et qui sont désormais des électeurs actifs à 25 ans, aspirent à des résultats tangibles. Ils recherchent des leaders capables de transformer leurs aspirations en gains concrets.
Cette génération, fatiguée des discours victimaires et des incessantes lamentations sur les injustices passées et présentes, attend des politiques qui proposent des solutions novatrices plutôt que de se complaire dans le rôle de la victime. Comme le souligne le sociologue Pierre Bourdieu, « la lutte pour la reconnaissance est aussi une lutte pour le pouvoir » ; il est donc impératif que les représentants politiques adoptent une posture proactive, en mettant en avant des initiatives qui favorisent le progrès collectif.
Il est crucial de reconnaître que notre jeunesse aujourd’hui ne se satisfait plus d’une rhétorique accusatrice, qui ne sert qu’à accuser, mais exige une action déterminée.
Les leaders doivent se positionner non pas comme des victimes, mais comme des acteurs dynamiques qui, même en cas d’échec, se relèvent pour continuer leur combat en faveur de l’amélioration des conditions de vie de leurs concitoyens.
Je rappelle donc aux victimes d’aujourd’hui qu’il est essentiel de redoubler d’efforts ; les défis de demain seront encore plus ardus. C’est par une mobilisation active, une vision claire et moderne, et une volonté de transformation d’amélioration que nous pourrons réellement faire avancer notre société et susciter l’adhésion de nos populations. »
Prenez soin de vous,
Boni Richard Ouorou
Président mouvement libéral Bénin