La pression judiciaire s’intensifie contre l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro. Il a été placé en résidence surveillée lundi dernier sur décision de la Cour suprême, alors que son procès pour tentative présumée de coup d’État est toujours en cours. Il risque jusqu’à 40 ans de prison.
À l’origine de cette mesure : une nouvelle violation de l’interdiction qui lui est faite de s’exprimer sur les réseaux sociaux. Le juge Alexandre de Moraes, farouche adversaire politique de Bolsonaro et en charge de l’enquête, a pris cette décision après la diffusion en ligne d’un échange téléphonique entre l’ex-président et son fils aîné Flavio, sénateur, alors que ce dernier s’adressait à une foule de manifestants à Rio de Janeiro. Bien que Bolsonaro n’ait pas participé aux rassemblements organisés par ses partisans dans tout le pays, il est accusé d’avoir contourné les restrictions en communiquant indirectement via ses alliés.
Cette récidive a été jugée inacceptable par la Cour, d’autant plus que l’ancien chef d’État est déjà sous le coup d’une enquête pour tentative d’entrave à la justice. Depuis la mi-juillet, Bolsonaro est tenu de porter un bracelet électronique et de rester chez lui les soirs et week-ends. Il lui est également interdit d’utiliser les réseaux sociaux, directement ou par l’intermédiaire de tiers. Malgré ces contraintes, il avait déjà enfreint une première fois cette interdiction, ce qui lui avait valu un avertissement formel du juge Moraes : tout nouveau manquement entraînerait une arrestation immédiate.
En plus de l’assignation à résidence, l’ex-président s’est vu interdire l’usage de tout téléphone portable. Plusieurs appareils ont été saisis à son domicile. Seules ses équipes d’avocats sont désormais autorisées à lui rendre visite, sous réserve d’une autorisation préalable.
Fallone CHABI-BONI



