Au Burkina Faso, le gouvernement au pouvoir a adopté le mercredi 16 juillet au cours de son Conseil des ministres un projet de loi visant à dissoudre la Commission électorale nationale indépendante (Céni), active depuis plus de 20 ans. La décision, a été annoncée par le ministre de l’Administration territoriale Émile Zerbo.
L’instance chargée de l’organisation des élections au Burkina Faso est jugée budgétivore (500 millions de FCFA par an) et en « incohérence totale » avec la charte de la Transition, estime le gouvernement.
« Subventionnée à près d’un demi-milliard de francs CFA (environ 750 000 euros) chaque année, l’existence de cette structure aujourd’hui s’avère en incohérence totale avec les dispositions de la Charte de la transition (qui encadre la transition militaire, NDLR) en plus d’être budgétivore », a annoncé Emile Zerbo.
La décision adoptée prévoit que ses missions soient transférées au ministère de l’Administration territoriale.
Pour rappel, la Céni, fondée en 1998 et installée en 2001, était composée de 15 commissaires issus des partis politiques et de la société civile, censés garantir l’impartialité des scrutins. Depuis le retour au multipartisme en 1991, elle avait supervisé toutes les élections. Mais les élections prévues en juillet 2024 ont été suspendues, la junte ayant prolongé la transition militaire de cinq années supplémentaires à l’issue des assises nationales de mai 2024.
La dissolution de l’organe électoral entre dans le cadre de la refondation de l’État et dans la dynamique des réformes institutionnelles engagées dans le but de rationaliser les charges de fonctionnement de l’État.
Le capitaine Ibrahim Traoré a été porté à la tête du Burkina Faso le 2 juillet 2024 et restera président pour cinq années supplémentaires en vertu d’une nouvelle charte adoptée à l’issue des Assises nationales. Il conserve le titre de « Président du Faso et Chef suprême des Armées », selon la synthèse présentée par le colonel Moussa Diallo, alors président du comité d’organisation.
Fallone CHABI-BONI



