Une onde de choc parcourt les cercles politiques et sécuritaires béninois depuis la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une capture d’écran qui ne ressemble à aucune autre. Le document, issu d’une conversation WhatsApp, met en cause l’activiste controversé Kémi Séba, ainsi qu’un de ses « Agbaza », présenté comme son complice, dans l’organisation d’un « casse » visant des hautes personnalités de l’État. Si l’authenticité technique des messages reste à établir par la justice, l’accumulation d’indices et la précision des cibles imposent de regarder cette affaire comme une menace grave contre la stabilité du Bénin.
Un document audio qui lève le voile sur une entreprise souterraine
Le fichier qui circule en masse depuis quelques heures présente une interface WhatsApp montrant plusieurs messages vocaux non encore audibles publiquement. Mais c’est le texte superposé qui agit comme une bombe à retardement : « Organisation du casse du 21/10/2025 entre Kémi Séba et le bandit Agbaza ».
Selon des sources proches du dossier, ce « casse » ne se limiterait pas à un simple vol. Il s’agirait d’une opération plus vaste incluant la destruction de biens et des actions d’intimidation ciblant directement des figures éminentes du gouvernement, parmi lesquelles le ministre d’État, Romuald Wadagni, et Gaston Zossou, cadre influent du parti au pouvoir.
Loin d’être une simple rumeur, la mention de ces noms transforme l’affaire : il ne s’agit plus d’un fait divers, mais d’un possible complot visant à déstabiliser les institutions républicaines par la violence.
Kémi Séba, un activiste aux méthodes radicales
Figure connue pour ses déclarations incendiaires et ses liens supposés avec des sphères d’influence extérieures, Kémi Séba n’en est pas à sa première mise en cause sur le continent. Expulsé de plusieurs pays africains pour ses prises de position jugées subversives, l’activiste franco-béninois entretient un rapport ambigu avec le Bénin, oscillant entre revendications identitaires et appels à la « libération » qui flirtent parfois avec l’appel à la rue.
Dans ce contexte, son nom associé à celui d’« Agbaza », présenté comme un « bandit » dans le texte accompagnant la capture d’écran, alimente la thèse d’une alliance contre-nature : celle d’un idéologue prêt à utiliser des réseaux criminels pour atteindre ses objectifs politiques. Si cette collusion venait à être confirmée par une enquête judiciaire, elle constituerait un basculement inquiétant dans les méthodes de l’opposition extra-institutionnelle.
Entre menace réelle et guerre informationnelle
La prudence reste toutefois de mise. Dans un contexte où les manipulations numériques, les deepfakes et les fuites orientées sont monnaie courante, la capture d’écran doit être examinée avec le plus grand soin. Aucune source officielle n’a encore confirmé l’authenticité des messages vocaux mentionnés.
Pourtant, plusieurs éléments poussent à prendre l’alerte au sérieux :
· La précision des cibles (ministre, cadre influent),
· La date butoir (octobre 2025) qui suggère une planification structurée,
· La méthode de diffusion : ces documents ne circulent pas par hasard ; ils ont été divulgués pour exposer publiquement un projet souterrain.
Pour les observateurs de la scène politique béninoise, cette « fuite » pourrait avoir un double objectif : soit alerter les autorités pour qu’elles agissent, soit tester la capacité de réaction de l’appareil sécuritaire.
En attendant des vérifications judiciaires, une chose est sûre : ce dossier révèle l’existence d’une volonté manifeste de fragiliser l’ordre républicain béninois. Si les faits s’avèrent exacts, il appartiendra à la justice d’agir avec la plus grande fermeté contre quiconque, quelle que soit sa notoriété, menace la paix civile et l’intégrité des institutions.



