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Afrique Politique

Centrafrique : Un troisième mandat pour Touadéra, l’opposition mise en échec par la justice

Sans surprise, le Conseil constitutionnel centrafricain a proclamé, ce lundi 19 janvier 2026, la réélection de Faustin-Archange Touadéra. Le président sortant obtient un troisième mandat, le premier sous une Constitution modifiée étendant la durée présidentielle à sept ans. Le rejet des recours de l’opposition pour vice de forme consacre une victoire écrasante mais contestée.

C’est désormais officiel. Faustin-Archange Touadéra dirigera la Centrafrique pour les sept prochaines années. Le Conseil constitutionnel a confirmé sa large victoire dès le premier tour de l’élection présidentielle, en portant son score à 77,90% des suffrages, contre 76,15% selon les résultats provisoires. Il franchit ainsi le cap symbolique du million de voix. La participation a été substantiellement révisée à la hausse, passant de 52,42% à 64,42%.

Dans un bref discours après la proclamation, le chef de l’État réélu a déclaré que les « sept prochaines années s’annoncent décisives pour notre nation » et a lancé un appel au rassemblement : « J’invite les candidats malheureux à se joindre à moi pour construire la République. »

Les recours de l’opposition jugés « irrecevables »

Cette main tendue ne dissipe pas les tensions nées du scrutin. Le principal adversaire de M. Touadéra, Anicet-Georges Dologuélé, qui a obtenu 13,5% des voix (contre 14,66% initialement), avait déposé un recours en annulation du scrutin, dénonçant des « irrégularités » massives et accusant l’Autorité nationale des élections (ANE) d’avoir « triché » et « menti ».

Son espoir a été douché. Comme un deuxième recours émanant du parti au pouvoir, la saisine de M. Dologuélé a été jugée irrecevable sur la forme par les sages, pour un dépôt de pièces hors délais. Un autre candidat, Henri-Marie Dondra, avait quant à lui renoncé à saisir la Cour, par manque de confiance dans l’issue de la procédure.

Un troisième mandat dans un contexte politique tendu

La réélection de Faustin-Archange Touadéra s’inscrit dans un contexte de profondes mutations institutionnelles. Une modification constitutionnelle adoptée en 2023 a permis à l’ancien mathématicien, au pouvoir depuis 2016, de se représenter et a instauré un mandat de sept ans. Cette réforme, comme le déroulement du scrutin, avait été vivement critiquée par l’opposition et une partie de la communauté internationale.

Si la décision du Conseil constitutionnel marque la fin de la voie juridique pour contester le scrutin, elle n’éteint pas le mécontentement. Le porte-parole d’Anicet-Georges Dologuélé, Yves Sanghamy, a ainsi réagi sur les réseaux sociaux : « Ce verdict ne met pas fin à notre combat. On peut retarder le peuple, mais on ne le vainc jamais. » Le nouveau septennat de M. Touadéra s’ouvre donc sous le signe d’une légitimité renforcée par les urnes, mais également d’une fracture politique persistante.

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