Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire engage un virage majeur pour tenter d’enrayer la crise qui secoue sa filière. Le gouvernement a décidé d’avancer exceptionnellement l’ouverture de la mi-campagne au 1er mars 2026, au lieu d’avril, afin de reclasser les fèves récoltées comme production intermédiaire.
Chute brutale du prix garanti
Cette décision entraîne une baisse significative du prix payé aux planteurs. Le prix garanti devrait désormais se situer entre 800 et 1 000 FCFA/kg, contre 2 800 FCFA/kg pour la campagne principale 2025-2026.
Objectif : aligner le prix ivoirien sur les cours mondiaux, en forte baisse depuis plusieurs mois en raison d’une offre abondante et d’une demande affaiblie. Les fèves ivoiriennes, jugées trop chères, peinent à trouver preneur sur le marché international.
Stocks en accumulation
Conséquence de ce décalage entre prix local et marché mondial : les sacs de cacao s’accumulent dans les exploitations et les ports. Les exportateurs refusent d’acheter aux conditions fixées en octobre 2025, aggravant la tension sur la filière.
La Côte d’Ivoire suit ainsi l’exemple du Ghana, deuxième producteur mondial, qui a déjà revu à la baisse son prix d’achat aux producteurs début février.
Mesures d’urgence et soutien aux planteurs
Pour amortir le choc, le Conseil du Café-Cacao s’est engagé à racheter 100 000 tonnes de fèves invendues, pour un montant estimé à 500 millions de dollars. Mais la subvention publique, évaluée jusqu’à 2 200 FCFA/kg pour combler l’écart avec les prix à l’export, est jugée difficilement soutenable à long terme. Les autorités évoquent la nécessité d’adapter durablement la filière à la volatilité croissante du marché mondial.
Le nouveau prix officiel de la mi-campagne doit être annoncé fin février pour une entrée en vigueur dès le 1er mars 2026.
Un tournant pour la filière
Cette réforme marque un moment charnière pour l’économie ivoirienne, dont le cacao demeure un pilier stratégique. Entre ajustement budgétaire, pression des marchés internationaux et protection du revenu des planteurs, le pays cherche un équilibre délicat dans un contexte mondial incertain.
François D’Assise BATCHOLA



