(Il cherche les réalisations de Talon avec un télescope dans un ciel vide)
Que retenir finalement de cet entretien que le philosophe politique, pourtant adepte de Sénèque, a accordé à nos confrères ? Rien. On a juste vu un homme diminué physiquement et dérangé mentalement, qui passait du coq-à-l’âne, se noyant parfois dans des théories qu’il assimilait sommairement. Mélangeant stoïcisme et aigreur d’un homme qui a quitté la table avant le banquet, croyant qu’on le supplierait de revenir, le plus candide des enfants du feu papa Azannaï s’est simplement emmêlé les pinceaux.
Le vrai coupable dans cette perte de lucidité du promoteur de « Tchéké-édjinkonè », est le président Patrice Talon. C’est lui qui devrait rappeler son ancien ministre, quitte à le supplier, pour qu’il vienne donner un peu de cet art ancien à sa gestion. Azannaï est fâché. Il a ramené Talon au pouvoir mais il n’est pas parvenu à le gérer en philosophe. Le fou amoureux du poste de ministre de l’intérieur ou de maire de Cotonou ne voulait pas être récompensé comme ministre délégué à la défense. Même s’il y a trouvé l’opportunité de nommer sa propre fille à un poste clé, il préférait collaborer comme ministre chargé des policiers. C’est justement ce qui l’a poussé dans ses caprices, jusqu’à user du chantage de sa démission.
Et alors qu’il s’attendait à ce que le président Talon le supplie ou pleure son départ, le chef de la Rupture, adepte du concret, n’avait cure d’un artiste philosophe. Talon est un homme de terrain. Il n’est pas dans la philosophie comme s’il s’agissait de régler les différends entre Chrétiens et Romains de la Rome antique. Voilà pourquoi il n’a rien compris au chantage de son ancien ami. Sur ce terrain, personne ne peut accuser le chef de la Rupture. Puisqu’à ce jour, Azannaï ne peut sortir un carnet d’adresses avec le nom de quelqu’un qui soit encore son ami aujourd’hui. Il est contre tout le monde. Ses amis ne sont plus de ce monde. Sénèque, Platon, Diogène, Épicure et autres manquent à Azannaï. Il rêve d’un monde à l’ancienne pour chanter ses propres gloires.
Azannaï ne voit plus rien dans le monde actuel. Normal qu’il ne voit aucune réalisation de Talon depuis 2016 à ce jour. Pour lui, le président Talon est un manipulateur. La Gdiz, la cité ministérielle, les routes, les réformes structurelles et les hôpitaux de référence ne sont que des leurres. Rien de cela n’existe dans le MONDE RÉEL du philosophe. Le président Talon nous fait rêver. Nous sommes tous dans un rêve, et c’est Azannaï seul qui est en éveil pour voir que rien de ce qui a été fait, n’est réel.
Azannaï n’est plus de notre planète. S’il n’a plus de proches pour envisager son internement dans un bon asile, on devra lui donner raison en tout, comme dans l’allégorie de « l’herbe est bleue ». C’est l’âne qui l’affirmait au tigre, lequel rétorqua. Arrivés tous deux devant le roi lion, celui-ci punit le tigre au profit de l’âne, qui jubila que l’herbe est bleue. À la question du tigre : « Pourquoi le roi m’a-t-il puni, alors que l’herbe est verte ? », il lui répondit : « Tu mérites bien cette punition pour m’avoir réveillé de mon sommeil pour ces futilités. Pourquoi discuter avec un fanatique qui n’a aucun sens de la réalité ? Tu lui aurais donné raison : l’herbe qu’il voit est bleue, et personne ne serait venu me déranger. »
Retenons donc avec Azannaï que Talon n’a rien fait. Il nous trompe depuis son arrivée en 2016. Azannaï a raison. Laissons donc Azannaï dans son monde.
Aboubakar TAKOU