(La coquille est déjà vidée au profit de Wadagni)
Qui a tué le parti Les Démocrates et l’a conduit à ce coma durant les dernières élections ? Point n’est besoin de le nommer. Michel Sodjinou n’aurait pas privé son parti de son parrainage si Éric Houndété avait été le candidat du parti. C’est d’ailleurs sous ce même Éric Houndété que le parti avait pu passer le cap des législatives de 2023, en s’offrant malgré tout, un nombre de députés suffisant pour constituer une minorité de blocage.
Puis Boni Yayi est revenu avec son addiction habituelle : tout contre Patrice Talon. La conséquence, tout le monde la connaît. Avec son départ, à contrecœur, au profit du rassembleur et visionnaire Éric Houndété, les amis du parti LD avaient cru en une résurrection des chances du parti. Mais c’était sans compter avec le côté teigneux de l’ancien président. Yayi n’aime pas Talon. Il ne se calmera jamais tant qu’il ne l’aura pas vu disparaître ou enfermé dans une prison à mille mètres sous terre.
Conséquence : le conseil national, destiné à sauver la maison, a conclu à sa damnation. Obnubilés par ses consignes, ses ayatollahs dépêchés sur les lieux étaient prêts à en venir aux mains contre les pacificateurs et sauveurs du parti. L’intelligence et la vision d’une vraie opposition auraient été de soutenir, à défaut de Romuald Wadagni, Paul Hounkpè pour faire mal au président Talon. Malheureusement, les ayatollahs de Yayi avaient trop de haine dans le cœur pour laisser quelques coudées franches à la raison. Ils ont rejoint l’ambassadeur Omar Arouna qu’ils décriaient quelques heures plus tôt.
Ils ont choisi le ninisme. LD ne soutiendra aucune candidature : appellation insidieuse du boycott. Un son qui va résonner dans le champ politique comme un épiphénomène. Car, LD ne pèse plus rien. Son poids politique a été révélé au grand jour lors de la dernière consultation. Et après les coups de poing évités de justesse, les hommes de Yayi ont opté pour le sarcasme en procédant au remplacement d’Éric Houndété à la tête du parti par Nourénou Atchadé. Bonjour donc le summum de la malédiction.
Le camp Houndété, plus que légitime, attend la proclamation de cet arbitraire pour se pourvoir devant les juridictions. Mais avant cette bataille qui laissera Yayi et ses ayatollahs groggy dans les cordes, les visionnaires qui rêvent de sauver ce qui peut encore l’être, vont se prononcer dans les prochaines heures en faveur de Romuald Wadagni. Que souhaite le peuple LD entre, des entrées de ses camarades dans le prochain gouvernement ou l’incertitude d’une traversée du désert le reste du temps ? Éric Houndété et Chabi Yayi ont déjà la réponse.
À suivre !
Aboubakar TAKOU



